Plusieurs études démontrent que la décriminalisation a été bénéfique.

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La prostitution n’est ni légale, ni illégale au Canada.

http://fr.canoe.ca/infos/societe/archives/2010/09/20100913-171944.html

Prostitution
Une décision attendue de pied ferme au Québec

Agence QMI
Sarah-Maude Lefebvre
13/09/2010 17h19

MONTRÉAL - Une décision prochaine de la Cour supérieure de l'Ontario sur la légalisation possible de la prostitution sème la discorde entre féministes et organisations de défense des droits des travailleuses du sexe.
La Cour supérieure devrait rendre son verdict dans les prochaines semaines sur la requête de la militante Terry-Jean Bedford et des travailleuses du sexe Valerie Scott, 51 ans, et Amy Lebovitch, 30 ans, qui ont demandé il y a un an l’invalidation des dispositions du Code criminel concernant la prostitution.

Selon les plaignantes, les trois articles de loi qui interdisent la tenue d’une maison de débauche, la sollicitation et la prostitution contreviennent au droit à la sécurité et à la liberté de la Charte des droits et libertés canadiennes.

Pénaliser les clients et proxénètes

Si celles-ci obtiennent gain de cause, la prostitution pourrait être décriminalisée à la grandeur du pays, un scénario « peu probable », mais qui effraie tout de même la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES).

«Cela créerait un vide juridique. Nous pensons que le Code criminel canadien doit être modifié, mais il ne faut pas abolir les articles concernant la prostitution. Il faudrait plutôt criminaliser l’achat de services sexuels pour pénaliser ceux qui tirent profit de la prostitution, comme les clients et les proxénètes, et laisser les femmes tranquilles», soutient la porte-parole Diane Matte.

Selon cette dernière, plusieurs études démontrent que la décriminalisation de la prostitution a été bénéfique à plusieurs pays scandinaves qui ont constaté une baisse de la traite des femmes et de la prostitution grâce à cette mesure.

Deux interprétations d’une même réalité

L’organisme Stella, qui vient en aide aux travailleuses du sexe, soutient au contraire que la criminalisation des clients dans les pays nordiques a causé une augmentation de la violence envers les femmes qui pratiquent la prostitution.

«Nous avons d’ailleurs documenté en 2001 le fait que la Ville de Montréal, sous la pression de groupes conservateurs, a procédé à l’arrestation massive de clients, sur une période de trois mois. Durant cette période, les travailleuses du sexe que nous rencontrons nous ont rapporté subir des attaques trois fois plus violentes et cinq fois plus d’actes violents avec arme blanche», affirme la coordonnatrice Émilie Laliberté.

Stella souhaite donc que les travailleuses du sexe remportent leur combat en Cour supérieure, alléguant que les femmes qui pratiquent la prostitution seront mieux protégées et plus à l’aise de dénoncer des agressions à police.

La prostitution n’est ni légale, ni illégale au Canada. Par contre, certaines de ses activités, comme les maisons closes, le racolage de clients et le proxénétisme sont interdites.

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http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/justice-et-faits-dive...

Publié le 29 septembre 2010 à 09h42 | Mis à jour à 10h40

Ontario: des femmes outrées par le jugement sur la prostitution

La Presse Canadienne
Montréal

Des groupes de femmes du pays sont en colère à la suite d'un jugement de la Cour supérieure de l'Ontario qui a invalidé des articles des lois canadiennes en matière de prostitution.

La juge Susan Himel a tranché en faveur de la contestation visant à décriminaliser la prostitution. Des sections du code criminel sont ainsi retranchées en Ontario dont: tenir une maison de débauche, vivre des fruits de la prostitution et communiquer pour des fins de prostitution.

Pour la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES), ce jugement nuit à tout le travail réalisé autour de la question de la violence envers les femmes depuis des décennies. Sa porte-parole, Diane Matte, affirme qu'il faut se questionner sur l'industrie du sexe basée sur l'exploitation, la domination et le profit sur le dos des plus vulnérables.

Pour sa part, Jeannette Corbiere Lavell, présidente de l'Association canadienne des femmes autochtones (AFAC), souligne que les femmes autochtones sont surreprésentées et victimisées dans l'industrie du sexe, ce qui témoigne du lien entre le racisme et la misogynie dans la prostitution. Selon elle, le fait de décriminaliser l'industrie du sexe contribuera surtout à augmenter la marchandisation des femmes à des fins de traite et de prostitution.

La porte-parole de l'Association canadienne des sociétés Élizabeth Fry, Kim Pate, affirme que la décriminalisation des clients et des proxénètes n'est pas une solution pour la sécurité de celles qui sont prostituées. Elle rejette également les tentatives de rabaisser, de criminaliser ou de punir les femmes en lien avec des activités prostitutionnelles.

La Cour supérieure de l'Ontario a invalidé des articles importants des lois canadiennes en matière de prostitution, estimant qu'ils contribuent à mettre en danger les travailleuses du sexe.

Terri-Jean Bedford et deux autres travailleuses du sexe plaidaient que l'interdiction d'exploiter une maison close, de faire de la sollicitation pour de la prostitution et de vivre des fruits de leur métier les forçait à quitter l'environnement sécuritaire de leur maison pour faire face à la violence de la rue. Les femmes demandaient à la cour d'invalider les restrictions de la loi sur leurs activités, en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne, qui garantissent la sécurité de la personne et la liberté d'expression.

Le gouvernement conservateur fédéral a rapidement signalé qu'il envisageait sérieusement de faire appel. Le ministre de la Justice Rob Nicholson a signifié l'intention du gouvernement de se battre pour veiller à ce que le droit pénal continue d'enrayer les torts considérables causés par la prostitution aux collectivités et aux prostituées elles-mêmes, ainsi qu'aux autres personnes vulnérables.

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