La CEN-SAD met en garde contre la coopération entre Al-Qaïda et les trafiquants de drogue

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"Comment la prohibition des drogues finance et autrement permet le terrorisme."
http://www.parl.gc.ca/37/1/parlbus/commbus/senate/com-f/ille-f/presentat...

http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?breve1508

AFRIQUE

mercredi 27 janvier 2010

La CEN-SAD met en garde contre la coopération entre Al-Qaïda et les trafiquants de drogue

(Xinhua) — Le secrétaire général de la Communauté des états sahélo-sahariens (CEN-SAD), Mohamed al-Madani al-Azhari a appelé mardi les États membres du bloc à unir leurs efforts contre l’alliance qui émerge actuellement entre les élé ments liés à Al-Qaïda et les trafiquants de drogue dans la région.

M. Al-Azhari a lancé cet appel lors d’une réunion consultative du conseil exécutif des ministres des Affaires étrang ères de la CEN-SAD à Tripoli en Libye, a rapporté la chaîne d’ information pan-arabe Al-Jazira.

Ce bloc de 28 membres cherche depuis plus d’un an à organiser une réunion régionale afin de définir une stratégie collective pour faire face à la menace croissante de ce groupe terroriste. Toutefois, cette réunion a été reportée à plusieurs reprises en raison de désaccords entre ses États membres.

"Le trafic est en hausse dans notre région, en particulier le trafic de drogues provenant d’Amérique du Sud. Il y a une coopé ration étroite entre trafiquants de drogue et terroristes", a dé claré à la presse le secrétaire général de la CEN-SAD.

Le Mali, la Mauritanie et le Niger s’engagent déjà dans la lutte contre la menace de sécurité grandissante du groupe d’ orientation salafiste Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI).

Créé le 4 février 1998 à Tripoli en Libye, à l’initiative du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, la CEN-SAD est la plus grande communauté économique régionale d’Afrique, couvrant 45% des territoires africains et près de la moitié de la population du continent.

Il a pour objectif de renforcer la coopération politique et é conomique entre ses membres, de préserver la sécurité régionale et de promouvoir l’intégration régionale.

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http://www.parl.gc.ca/37/1/parlbus/commbus/senate/com-f/ille-f/presentat...

Comment la prohibition des drogues finance et autrement permet le terrorisme

Mémoire présenté au Comité spécial sur les drogues illicites du Sénat du Canada par

Eugene Oscapella,
B.A., LL.B., LL.M.

(EXDTRAITS)

Le présent mémoire traite principalement du premier thème – l’élimination des sources de financement des activités terroristes. En particulier, il traite de la prohibition des drogues en tant que source importante d’argent pour les activités terroristes. Il explique comment la prohibition des drogues – non seulement le commerce de la drogue, mais plutôt le commerce de la drogue en vertu du système de prohibition – est devenu une importante, sinon la plus importante, source de financement de bon nombre de groupes terroristes. Il fait valoir de plus que le recours exclusif à des mesures traditionnelles visant à supprimer le commerce de la drogue, notamment la répression criminelle, le remplacement des cultures et les mesures visant à réduire la circulation et le blanchiment d’argent des narcodollars, ne réduira pas, de façon importante, le flux des narcodollars vers les terroristes.

L’analyse conclut que du fait que ces autres méthodes de répression du narcotrafic ne sont pas efficaces – et ne peuvent pas le devenir – les gouvernements doivent revoir et, en fin de compte, abolir les lois prohibitionnistes qui visent les drogues. Le refus de s’attaquer au rôle que joue la prohibition dans le financement des activités terroristes permettra aux groupes terroristes de continuer à recueillir les ressources dont ils ont besoin pour perpétrer des actes terroristes à une plus vaste échelle que ce dont nous avons été témoins jusqu’à maintenant.

Comment la prohibition rend-elle les drogues si rentables?

Cultiver le grand pavot, la matière première de l’opium et de l’héroïne, ne coûte presque rien. De même que de cultiver des feuilles de coca, matière première de la cocaïne. Pourtant les consommateurs paient des prix fortement gonflés pour se procurer de l’héroïne et de la cocaïne – souvent un pourcentage des milliers de fois plus élevé que le coût de production. Le prix exagéré de ces drogues est un pur produit du marché noir dont l’existence découle de leur prohibition. Sans cette prohibition, ces drogues se vendraient pour beaucoup, beaucoup moins. Elles ne présenteraient pas pour les groupes terroristes, une occasion importante de tirer profit de leur production ou de leur vente.

Le Bureau de contrôle des drogues et de la prévention du crime des Nations Unies a dressé un rapport sur la valeur de nombreuses drogues à différentes étapes de la production et de la vente[17]. En Afghanistan, premier pays producteur d’opium au monde dans les années 1990, le prix du kilo d’opium à la production oscillait entre 30 et 70 dollars. Cela fait de 3 à 7 cents le gramme. Grâce à la prohibition, le gramme se vend en moyenne 39 dollars au Canada ce qui représente de 550 à 1 330 fois le prix à la production.

Héroïne : En Afghanistan, le prix de gros de l’héroïne produite à partir de l’opium était en moyenne de 2 700 $ le kilo. Aux États-Unis, le prix de gros de l’héroïne d’une pureté de 40 pour cent est en moyenne de 107 000 $ le kilo, soit environ 40 fois le prix de gros de l’Afghanistan. Aux États-Unis, le même produit est vendu au détail à un prix moyen de 475 000 $ le kilo, soit 175 fois le prix de gros de l’Afghanistan.

Cocaïne : La feuille nécessaire pour produire un kilo coûte environ 400 à 600 $ selon Francisco Thoumi, auteur d’une étude non publiée sur l’industrie des drogues des Andes. The Economist, dans une récente enquête sur la drogue illicite, a affirmé à ce sujet que [TRADUCTION] « dès qu’elle quitte la Colombie, son prix est monté jusqu’à 1 500 à 1 800 $. Dans les rues de l’Amérique, après avoir changé de mains quatre ou cinq fois, le prix de détail d’un kilo de cocaïne est évalué à 110 000 $ [180 à 275 fois le coût des feuilles de coca], et en Europe, ce prix est considérablement plus élevé. »[18]

Le manque de perspicacité au sujet du lien entre les drogues et le terrorisme

Les médias, la police, ceux qui élaborent les politiques et les politiciens décrivent souvent le problème simplement comme le financement des activités terroristes au moyen du commerce de la drogue. Leur analyse s’arrête là. Ils négligent le rôle de la prohibition des drogues. Seule, la prohibition est ce qui rend le commerce de la drogue si lucratif pour les terroristes.

Même quelques membres de la Cour suprême du Canada semblent avoir été pris au piège de l’imputation de différents maux (corruption, maladie, violence) au commerce de la drogue lui-même, plutôt que de voir la prohibition des drogues comme une cause de ces maux. Ceci est plus particulièrement évident dans l’opinion dissidente des juges Cory et Major dans l’arrêt Pushpanathan c. ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration de 1998 :

Les liens établis entre le crime organisé, les groupes terroristes, le trafic d'armes et le trafic des stupéfiants multiplient les risques pour la sécurité dans chaque pays et au sein de la communauté internationale. Selon le Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues, [TRADUCTION] «[e]n situation de conflit armé, les revenus provenant du trafic des drogues illicites -- ou les drogues elles-mêmes --servent régulièrement à l'achat d'armes» (World Drug Report, op. cit., à la p. 17). Dans certains pays, tel le Pérou, les trafiquants ont conclu des alliances avec des groupes de guérilleros pour garantir leur approvisionnement en matériel de transformation (ibid., p. 128). La puissance financière et militaire de ces organisations menace la stabilité politique et économique de nombreux pays et, en fait, de la communauté internationale dans son ensemble.

Les effets combinés du commerce des drogues illicites amènent un auteur à conclure que les profits tirés de ce commerce [TRADUCTION] «contribuent plus à la corruption des systèmes sociaux, à la détérioration des économies et à l'affaiblissement des valeurs morales et éthiques que les effets combinés de toutes les autres formes de criminalité. [. . .] L'étendue de la corruption au sein des gouvernements, des milieux politiques et des milieux d'affaires compromet en outre la stabilité des sociétés et le fonctionnement des États et elle menace ultimement la stabilité politique, voir l'ordre mondial» (Bassiouni, loc. cit., aux pp. 323 et 324)20.

Plus loin :

Tout au long du présent siècle, le trafic de la drogue a constitué une activité internationale et, par conséquent, un problème international. Cependant, l'ampleur toujours croissante du trafic, l'apparente efficacité de l'organisation et des méthodes, les sommes considérables en jeu et les liens de plus en plus étroits entre le crime organisé transnational et les organisations terroristes constituent une menace toujours plus grande de par sa nature et son étendue. Le trafic des drogues illicites menace désormais la paix et la sécurité à l'échelon national et international. Il porte atteinte à la souveraineté de certains États, au droit à l'autodétermination et à un gouvernement démocratique, à la stabilité économique, sociale et politique, ainsi qu'aux droits de la personne21.

Ces déclarations sont en partie exactes, mais elles sont aussi très trompeuses en raison de leur mutisme sur un point essentiel : le rôle de la prohibition dans la création des maux dont il est question dans les déclarations. Nulle part les deux juges dissidents ne semblent reconnaître que la prohibition des drogues est derrière les profits, le pouvoir, la violence et la corruption liés au commerce de la drogue.

La fin de la prohibition ne signifiera pas la fin du terrorisme, mais elle permettra de supprimer la principale source de financement de ces activités, et souvent la plus facile, soit la «vache à lait » du commerce des drogues interdites. On peut y ajouter des mesures pour s’attaquer aux autres sources de financement des activités terroristes, notamment une plus grande vigilance en ce qui concerne les dons de bienfaisance et les tentatives de contrôle de l’extorsion auprès des membres des collectivités expatriées.

L’auteur américain Mike Gray a déclaré :

[TRADUCTION]

« Comme la civilisation de l’Ouest demeure pétrifiée, paralysée par le spectre des vandales du vingtième siècle qui dévorent un pays après l’autre, il est important de rappeler que cette catastrophe imminente particulière peut être évitée d’un trait de plume. Les entreprises criminelles qui nous encerclent maintenant... les associations puissantes et sans pitié qui menacent d’écraser la primauté du droit même, tout pourrait être arrêté simplement en fermant le robinet qui approvisionne le marché noir en argent.... Les prohibitionnistes n’ont jamais eu à rendre des comptes pour leur participation dans cette catastrophe....[28] »

Les commentaires de Gray visaient principalement la manière dont la prohibition favorise la croissance des entreprises criminelles. La logique de ces commentaires s’applique également au rôle de la prohibition dans le financement des activités terroristes.

Nous ne pouvons pas maintenir la prohibition et continuer à espérer de priver les terroristes et les organisations criminelles des profits liés au commerce de la drogue. C’est aussi simple que cela.

La seule mesure correspondant à tout espoir réaliste de mettre fin au flux d’argent des terroristes lié à la drogue est de démanteler la prohibition des drogues. Après des décennies de propagande sur les effets néfastes de la drogue, l’abolition de la prohibition semble constituer une solution extraordinaire et presque invraisemblable. Mais ce n’est pas le cas. Si le Canada veut vraiment s’en prendre au financement des activités terroristes, il doit être sérieux en vue de l’abandon de la prohibition.

Les efforts de ce comité doivent viser la tâche certes ardue qui consiste à démanteler la prohibition. Il est complètement irrationnel et nuisible de maintenir la prohibition tout en reconnaissant que celle-ci favorise le commerce qui constitue actuellement la principale source de financement pour bon nombre de terroristes et d’organisations criminelles.

Tant que nous soutiendrons – et ce n’est qu’une prétention – qu’il est possible de manière réaliste de recourir à des mesures classiques et inefficaces de réduction de l’offre et de la demande pour diminuer de façon marquée les profits de la drogue, nous continuerons de fournir aux terroristes, de façon alarmante, une source d’enrichissement simple. Sans la prohibition, le commerce de la drogue ne serait pas un élément du terrorisme. À cause de la prohibition, le commerce de la drogue est la principale source de financement des activités terroristes. Nous devons choisir quelle interprétation de la politique en matière de drogues nous voulons : celle qui favorise le terrorisme et qui permet aux terroristes de s’enrichir, ou celle qui ne le fait pas.

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