Pourquoi les enfants doivent-ils prendre des risques ?

le risque de blessures peut en valoir la peine en échange d’une confiance émotionnelle et physique

AU FIL DES ANS
Pourquoi les enfants doivent-ils prendre des risques ?

Par Catherine Holecko - Mis à jour le 22 avril 2022
Examen médical par Ann-Louise T. Lockhart, PsyD, ABPP

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Petite fille jouant avec des équipements de jeux Ippei Naoi / Getty Images

Table des matières
Santé physique
Santé émotionnelle
Avantages sociaux
Obstacles

Lorsque vous empêchez vos enfants de prendre des risques, vous prenez un risque pour la santé de votre enfant. La recherche montre que l’une des façons dont les enfants grandissent et apprennent est d’avoir la permission et la possibilité de s’aventurer dans l’inconnu : grimper en hauteur, se promener de manière indépendante, utiliser des outils pour adultes et descendre une colline à vélo aussi vite qu’ils le peuvent.1

Bien qu’il soit naturel de vouloir assurer la sécurité de votre enfant, le risque de blessures peut en valoir la peine en échange d’une confiance émotionnelle et physique. Heureusement, la grande majorité des blessures subies lors de jeux à risque à l’extérieur sont mineures et ne nécessitent que peu ou pas de traitement médical.2

La prise de risque favorise la santé physique
La plupart des prises de risque chez les enfants impliquent au moins une certaine activité physique, qu’il s’agisse de marcher seul à l’école ou au parc, de grimper à un arbre ou d’essayer de nouvelles figures de planche à roulettes. Interdire ou décourager les risques peut réduire la quantité d’activité physique que votre enfant fait.

C’est important si l’on considère le temps que votre enfant passe chaque jour à être actif. La grande majorité des enfants – 76 % – n’ont pas le minimum de 60 minutes de jeu actif quotidien dont ils ont besoin.3

Une étude a révélé que les parents qui permettaient à leurs enfants de jouer de manière indépendante à l’extérieur entraînaient plus d’activité physique après l’école et le week-end.4

Jetez un coup d’œil aux types de comportements à risque identifiés par un chercheur en développement de l’enfant (qui a observé des enfants dans des terrains de jeux dans trois pays) :2

Jouez en hauteur
Jouez à grande vitesse
Jouer avec les outils
Jouez à proximité d’éléments dangereux (comme l’eau ou le feu)
Jeu brutal (comme la lutte)
S’éloigner de la surveillance d’un adulte

La plupart de ces activités stimulent et renforcent les muscles, les os, le cœur et les poumons des enfants, et c’est une bonne chose. Le frisson de la hauteur ou de la vitesse fait-il bouger votre enfant ? Adoptez-le à la fois avec le jeu libre (comme au terrain de jeu ou à vélo) et les sports organisés (comme le ski, le patinage ou les arts martiaux).

Comment aider votre enfant à se sentir en confiance physiquement
Bienfaits pour la santé émotionnelle
Pour gagner en confiance, les enfants ont besoin d’essayer de grandes choses effrayantes. Ils ont besoin de voir que même s’ils échouent, ils peuvent réessayer. Finalement, ils maîtriseront une nouvelle compétence et acquerront l’estime de soi positive qui l’accompagne. Cette maîtrise est d’autant plus significative si les enjeux sont plus élevés, s’il y a un plus grand risque d’échec ou même de blessure.

La plupart des enfants n’essaient pas immédiatement de s’attaquer à l’obstacle le plus gros et le plus effrayant qu’ils peuvent trouver. Au lieu de cela, ils procèdent progressivement, en avançant de plus en plus haut sur une structure d’escalade ou un arbre à mesure qu’ils se sentent plus en sécurité, par exemple.

Cela peut prendre des jours ou des mois pour que certains enfants atteignent le sommet de l’obstacle. En prenant leur temps, ils réduisent instinctivement leur propre risque.

Ils surmontent peu à peu leurs peurs. Cela signifie également pratiquer la persévérance et la résilience, qui sont toutes deux des compétences de vie importantes que nous voulons tous que nos enfants possèdent.

Lorsque les enfants sont actifs et changent souvent de position, par exemple en se balançant haut sur une balançoire ou en se balançant à l’envers aux barres de singe, ils développent leur système vestibulaire. Et étonnamment, ce système aide les enfants à réguler leurs émotions et même à être attentifs à l’école.1

Comment enseigner aux enfants ce qu’ils ressentent

Avantages sociaux de la prise de risques
En plus de contribuer à la santé physique et émotionnelle, le jeu libre favorise le développement social des enfants lorsqu’ils font face aux risques. Une étude note que le jeu non structuré favorise la compréhension des normes sociales et de la façon de suivre les règles.1

Les espaces de jeu qui permettent des jeux risqués favorisent également les interactions sociales, par exemple lorsqu’un enfant en encourage ou en aide un autre. Et le jeu libre est synonyme de créativité et de résolution de problèmes, car les enfants trouvent des solutions aux obstacles qu’ils rencontrent.2

Enfin, la prise de risques en groupe aide les enfants à apprendre la maîtrise de soi en travaillant à tour de rôle avec les autres. Il est essentiel d’atteindre ces étapes cruciales du développement social avant que les enfants ne deviennent des adultes, lorsqu’ils utiliseront ces mêmes compétences dans leurs relations et leur lieu de travail.

On ne saurait trop insister sur l’importance d’une bonne croissance socio-émotionnelle. Les auteurs d’une étude de 2015 ont montré que la santé sociale et émotionnelle des enfants de maternelle prédisait leur succès (ou leur échec) au début de l’âge adulte dans plusieurs domaines, notamment l’éducation, l’emploi, les activités criminelles, la consommation de substances et la santé mentale.5

7 compétences sociales que vous pouvez commencer à enseigner à votre enfant dès maintenant

Obstacles à la prise de risque
Lorsque vous encouragez la prise de risque positive chez vos enfants, vous pouvez être confronté à leur réticence ou à la vôtre.

Les craintes des parents
Si vous n’êtes pas à l’aise avec le fait que vos enfants prennent des risques, réfléchissez à la raison pour laquelle vous vous sentez ainsi. Par exemple, vous pouvez avoir peur que votre enfant se blesse en essayant quelque chose de nouveau parce que vous vous êtes blessé dans votre enfance.

Rappelez-vous que ce n’est pas parce que vous avez eu une certaine expérience qu’ils auront la même.

De plus, tenez compte du fait que la pression des pairs entre les parents est réelle et peut profondément influencer vos décisions parentales. Si vos amis ne permettent pas à leurs enfants de se rendre à l’école à pied ou d’essayer l’équipement de terrain de jeu en hauteur, vous pouvez graviter vers ces mêmes limitations avec vos enfants par peur de ce que vos pairs penseront.

Ces facteurs peuvent s’appliquer ou non à vous, mais ils valent la peine d’être pris en compte si vous voulez encourager votre enfant à prendre plus de risques, mais que vous vous sentez ambivalent à l’idée de franchir cette étape.

Les craintes des enfants
D’un autre côté, vous êtes peut-être tout à fait d’accord pour que votre enfant repousse ses limites, mais vous rencontriez de la résistance de sa part lorsque vous lui suggérez d’essayer quelque chose de nouveau. Nous avons tous des tempéraments différents qui influencent notre propension à prendre des risques.

Certains enfants sont à l’aise de descendre le plus grand toboggan du parc la première fois qu’ils le voient, tandis que d’autres ont besoin de plusieurs occasions de le mesurer avant de le descendre. D’autres enfants ne voudront jamais s’attaquer à cette glissade.

Si votre enfant ne montre aucun intérêt à prendre des risques (aussi petits soient-ils), essayez de lui parler des résultats possibles. Cela peut vous aider à trouver la meilleure façon de les aider à sortir un peu de leur zone de confort et à voir de quoi ils sont capables.

Par exemple, si votre enfant a peur de la glissade parce qu’il craint de se blesser, vous pouvez lui suggérer d’essayer une glissade plus petite.

S’ils ne sont jamais allés à l’école à pied et qu’ils ne sont pas à l’aise avec l’idée, vous pouvez organiser un groupe d’amis pour marcher ensemble. Une autre idée est de les suivre dans votre voiture les premières fois.

Il est également important de se rappeler que votre niveau de confort avec le risque peut toujours être différent de celui de votre enfant, et ce n’est pas grave.

Tout en aidant votre enfant à grandir, n’oubliez pas de respecter sa personnalité unique et d’éviter d’essayer de le transformer en quelqu’un de différent de ce qu’il est.

En offrant du soutien et des encouragements en même temps, votre enfant apprendra à se dépasser. Ce faisant, ils acquerront la confiance et les compétences nécessaires pour prendre de plus grands risques à l’avenir.

Un mot de Verywell
Permettre à votre enfant de prendre les risques appropriés tout en assurant sa sécurité est un exercice d’équilibriste. Pour certains parents, il est tout simplement plus facile de fixer des limites strictes et de ne pas permettre à leurs enfants de prendre des risques. Bien que cela puisse réduire leurs chances de se blesser, cela étouffe également leur croissance physique, émotionnelle et sociale.

L’examen de vos pensées (et de celles de votre enfant) concernant la prise de risque vous permettra de mieux comprendre comment vous percevez tous les deux le risque. Parce que de nombreux enfants sont enclins à prendre des risques, la plupart apprécieront la liberté supplémentaire si vous le permettez.

Si votre enfant ne le fait pas, cependant, vous pouvez l’encourager gentiment à essayer de nouvelles choses tout en le rassurant sur le fait que vous êtes là pour le soutenir. La prochaine fois que votre enfant se suspendra à l’envers à un arbre ou fera du vélo hors de votre vue, respirez profondément et laissez-le faire. C’est bon pour leur santé.

5 Références

Verywell Family uses only high-quality sources, including peer-reviewed studies, to support the facts within our articles. Read our editorial process to learn more about how we fact-check and keep our content accurate, reliable, and trustworthy.

Brussoni M, Olsen LL, Pike I, Sleet DA. Risky play and children’s safety: Balancing priorities for optimal child development. Int J Environ Res Public Health. 2012;9(9):3134-3148. doi:10.3390/ijerph9093134

Brussoni M, Gibbons R, Gray C, et al. What is the relationship between risky outdoor play and health in children? A systematic review. Int J Environ Res Public Health. 2015;12(6):6423-6454. doi:10.3390/ijerph120606423

Centers for Disease Control and Prevention. Physical activity facts.

Stone MR, Faulkner GE, Mitra R, Buliung RN. The freedom to explore: Examining the influence of independent mobility on weekday, weekend and after-school physical activity behaviour in children living in urban and inner-suburban neighbourhoods of varying socioeconomic status. Int J Behav Nutr Phys Act. 2014;11:5. doi:10.1186/1479-5868-11-5

Jones DE, Greenberg M, Crowley M. Early social-emotional functioning and public health: The relationship retween kindergarten social competence and future wellness. American Journal of Public Health. 2015;105(11):2283-2290. doi:10.2105/ajph.2015.302630

Commentaires

Prendre des risques même avec les drogues légales ou non ?

Bienfaits pour la santé émotionnelle
Pour gagner en confiance, les enfants ont besoin d’essayer de grandes choses effrayantes !

Rappelons que les enfants de 6-12 ans et moins ont le droit de prendre des risques avec l'alcool fléau mondial
un dépresseur psychoactif, cancérigène, à dépendance très forte comme l'héroïne, et mortel,
responsable de violences/viols, de comportements anti sociaux, d'hospitalisations et visites aux urgences, etc. !

5 590 952 hospitalisations entièrement causées par l’alcool incluant des enfants de 10 ans !

Aucun professionnel de la santé ne voit de lien de causalité entre la consommation par des enfants
dont le cerveau ne sera complété qu'à 23-25 ans et les méfaits de l'alcool.
Au point de déchirer son sarrau, de suggérer ou d'exiger un âge minimum de consommation par des enfants !
Cupidité, méchanceté bêtise humaine, dépendance aux pot-de-vin des industries de l'alcoolisation ?

https://www.inspq.qc.ca/securite-prevention-de-la-violence-et-des-trauma...

INSPQ - Dans les sports et loisirs
Dernière mise à jour : 2 juin 2022

Les 12 à 17 ans et les 18 à 24 ans sont les plus à risque de subir un traumatisme d’origine récréative et sportive.
Au Québec, les TORS sont responsables annuellement d’environ 175 décès2 et de plus de 4 206 hospitalisations3, sans compter les milliers de consultations en externe auprès d’un professionnel de la santé.

4 206 hospitalisations annuelles c'est environ 11 par jour.
Le nombre de morts annuelles pour l'alcool est d'environ 4 000, 11 par jour.

Les activités d’origine récréative et sportive pratiquées au Québec sont nombreuses et varient en fonction des saisons. La pratique de ces activités doit être encouragée en raison de ses bienfaits sur la santé1. Mais pour en profiter pleinement, il importe de réduire le plus possible le risque de blessures associé à la pratique de ces activités. Ces blessures sont regroupées sous le vocable de traumatismes d’origine récréative et sportive (TORS).

Au Québec, les TORS sont responsables annuellement d’environ 175 décès2 et de plus de 4 206 hospitalisations3, sans compter les milliers de consultations en externe auprès d’un professionnel de la santé2. Les 12 à 17 ans et les 18 à 24 ans sont les plus à risque de subir un traumatisme d’origine récréative et sportive avec un taux annuel estimé à près de 125 blessés par 1 000 personnes participantes pour les 12 à 17 ans et de 249 blessés par 1 000 personnes participantes pour les 18 à 24 ans. Ces taux sont statistiquement plus importants que ceux observés pour les autres groupes d’âge, notamment par rapport aux enfants âgés entre 6 et 11 ans (71 blessés par 1 000 personnes participantes) et aux adultes âgés entre 35 et 74 ans (128 blessés par 1 000 personnes participantes)4.

Les interventions visant à prévenir les TORS sont de différents ordres, allant de l’utilisation d’un équipement sportif adéquat à l’aménagement sécuritaire de l'environnement physique, en passant par la promotion d’attitudes et de comportements sécuritaires auprès des adeptes d’une activité récréative ou sportive2. Les interventions préventives à mettre en place varient évidemment d’une activité à l’autre et doivent tenir compte des groupes d’âge les plus à risque.

Pour en savoir plus
Étude des blessures subies au cours de la pratique d’activités récréatives et sportives au Québec en 2015-2016

Portrait des hospitalisations attribuables aux traumatismes d’origine récréative et sportive survenues au Québec de 2007 à 2015

Section Installations municipales – ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur

Références
Gagné, M., Tremblay, B. et Belley-Ranger, É. (2019). Portrait des hospitalisations attribuables aux traumatismes d’origine récréative et sportive survenues au Québec de 2007 à 2015. Bureau d'information et d'études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. https://www.inspq.qc.ca/publications/2524

Ministère de l’Éducation et de l'Enseignement supérieur (Page consultée le 16 juin 2020). Prévention des traumatismes. [en ligne], http://www.mels.gouv.qc.ca/organismes-de-loisir-et-de-sport/securite-in

Bureau d'information et d'études en santé des populations (2022). Données statistiques sur les hospitalisations attribuables à des traumatismes non intentionnels d’origine récréative et sportive (2011-2012 à 2020-2021). Données produites à la suite d'une demande spéciale. Fichier des hospitalisations Med-Écho. Institut national de santé publique du Québec.

Hamel, D., Nolin B. et Tremblay, B. (2019). Études des blessures subies au cours de la pratique d’activités récréatives et sportives au Québec en 2015-2016. Direction de l’analyse et de l’évaluation des systèmes de soins et services, Institut national de santé publique du Québec. /sites/default/files/publications/2525_blessures_activites_recreatives_sportives.pdf

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