L'évolution du droit de vote fédéral
Dans les premières années du pays, les personnes qui pouvaient voter étaient beaucoup moins nombreuses que celles qui ne le pouvaient pas.
Rappelons que : Au début de son histoire, le Canada était effectivement
une colonie française appelée Nouvelle-France.
La présence française a commencé avec les explorations de Jacques Cartier en 1534,
et une colonisation plus structurée s'est établie à partir de 1608,
notamment avec la fondation de Québec par Samuel de Champlain.
Que le mot d'ordre concernant les premières nations qui y vivaient était : les soumettre ou les tuer !
https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/histoire/la-loi-des-indiens-h1702
Le gouvernement veut que les communautés autochtones abandonnent leur culture pour devenir anglophones et protestantes ou francophones et catholiques, selon la province dans laquelle elles se trouvent. Le gouvernement met alors en place divers moyens pour y arriver. Par exemple, les enfants autochtones sont envoyés dans des pensionnats dans le but de les assimiler à la société canadienne.
L'évolution du droit de vote fédéral
La plupart des Canadiens tiennent pour acquis qu'à peu près tous les citoyens majeurs ont le droit de voter.
Or, dans les premières années du pays, les personnes qui pouvaient voter étaient beaucoup moins nombreuses que celles qui ne le pouvaient pas.
Au début, on est loin du concept « une personne, une voix » : seuls les hommes peuvent alors voter – et encore, pas tous. Le droit de voter et d'être candidat à une élection fédérale est réservé aux hommes de plus de 21 ans qui répondent à certaines exigences en matière de propriété (le cens). On exclut ainsi les femmes, les Autochtones et les membres de certaines confessions religieuses. Au moment de la création de la fonction de directeur général des élections, en 1920, l'élargissement du droit de vote est bien engagé, mais il reste encore beaucoup à faire. Par exemple, l'exclusion fondée sur des critères raciaux et religieux a persisté sous une forme ou une autre jusqu'en 1960.
De telles exclusions prenaient racine dans les décisions des premières législatures provinciales et affectèrent le droit de vote fédéral pendant des décennies. À la première élection générale tenue après la Confédération en 1867, seule une faible minorité est habilitée à voter pour élire les 181 députés des quatre provinces de l'époque. À la fin des années 1800, le droit de vote fédéral n'est pas régi par une loi fédérale, mais par les lois de chaque province. Certains groupes, comme les immigrants japonais, chinois et indiens qui n'étaient pas d'origine anglo-saxonne, sont ainsi exclus de l'électorat.
En 1885, le Parlement canadien établit un système complexe de droit de vote fédéral fondé sur la propriété foncière. L'application des règles diffère d'une province et d'une ville à l'autre. Cette année-là, les Autochtones de certaines parties du pays reçoivent le droit de vote.
C'est la Première Guerre mondiale qui entraînera les plus grands changements dans le droit de vote fédéral. En 1915, le droit de vote par correspondance est accordé aux militaires en service. En 1917, le Parlement adopte la Loi des élections en temps de guerre et la Loi des électeurs militaires. Le droit de vote est accordé à tous les sujets britanniques, hommes ou femmes, qui sont membres actifs ou retraités des Forces canadiennes, y compris les Indiens (au sens de la Loi sur les Indiens) et les personnes de moins de 21 ans. Environ 2 000 infirmières militaires, surnommées les « Bluebirds », sont les premières Canadiennes à exercer ce droit. Les civils masculins qui ne sont pas propriétaires fonciers mais dont un fils ou un petit-fils fait partie des Forces canadiennes obtiennent temporairement aussi le droit de vote, de même que les femmes dont un parent proche sert ou a servi dans les Forces canadiennes.
Le gouvernement unioniste de sir Robert Borden n'élargit pas ainsi le suffrage en reconnaissance de droits fondamentaux. Il cherche plutôt à se rallier des groupes perçus comme des alliés probables, dont les militaires en service et les femmes de leur parenté. Parallèlement, la législation retire le droit de vote à des adversaires probables, comme les objecteurs de conscience, les Mennonites, les Doukhobors et les néo-Canadiens de fraîche date originaires de pays non anglophones.
En 1918, le suffrage aux élections fédérales est étendu à toutes les femmes de 21 ans ou plus. L'année suivante, le mouvement des suffragettes remporte une victoire importante : les femmes deviennent éligibles à la Chambre des communes. Agnes Macphail est la première femme élue à la Chambre, en 1921.
En 1920, l'Acte des élections fédérales crée la fonction de directeur général des élections. Dorénavant, le droit de vote fédéral est régi par la législation fédérale, et non provinciale. Les sujets britanniques de naissance ou naturalisés obtiennent le droit de vote, mais non certains citoyens nés à l'étranger, qui en sont privés jusqu'en 1922. On compte alors 235 sièges aux Communes. À l'élection du 6 décembre 1921, quelque 4,4 millions d'électeurs figurent sur les listes. La moitié de la population environ a le droit de vote.
L'année 1948 amène d'autres changements. Les derniers vestiges du suffrage censitaire, encore en vigueur au Québec, sont abolis. Le droit de vote est étendu aux Canadiens d'origine asiatique. Un étudiant peut s'inscrire dans deux circonscriptions, celle de son domicile familial et celle de son université (mais ne peut voter que dans une seule).
En 1955, les épouses des électeurs militaires obtiennent le droit de voter selon ces mêmes règles spéciales (mais peuvent encore voter selon les mécanismes civils, si elles se trouvent au Canada). L'interdiction de vote touchant les objecteurs de conscience est abolie la même année.
Une nouvelle Loi électorale du Canada, en 1960, élimine d'autres obstacles au vote. Jusque-là, les Indiens inscrits vivant dans une réserve n'avaient pas le droit de vote, contrairement aux Inuits, qui l'avaient obtenu en 1953. Le vote par anticipation est aussi élargi à tous les électeurs qui prévoient être absents de leur section de vote le jour d'élection.
Dix ans plus tard, en 1970, des modifications législatives abaissent l'âge du vote et l'âge de la candidature de 21 à 18 ans. Le droit de vote est dorénavant réservé aux citoyens canadiens, quoique les sujets britanniques admissibles en date du 25 juin 1968 conservent ce droit jusqu'en 1975. On introduit également un vote par procuration pour les pêcheurs, les marins, les prospecteurs et les étudiants à temps complet absents de leur circonscription le jour d'élection et lors du vote par anticipation. Le droit de vote par anticipation est étendu aux personnes handicapées, et tous les bureaux de vote par anticipation doivent leur être accessibles de plain-pied.
En 1977, le vote par procuration est élargi aux membres des équipages d'avion, aux membres des équipes de forestiers et d'arpentage ainsi qu'aux trappeurs.
En 1982, la nouvelle Charte canadienne des droits et libertés inscrit dans la Constitution le droit de tous les citoyens de voter et d'être candidat à une élection, ouvrant la voie à la contestation judiciaire de règlements de vote jugés discriminatoires.
L'adoption de la Charte entraîne d'autres changements. Environ 500 juges de nomination fédérale votent pour la première fois en 1988 après qu'un article de la Loi électorale du Canada les privant du droit de vote a été jugé inconstitutionnel. La même année, un tribunal accorde le droit de vote aux personnes ayant une déficience intellectuelle, de même qu'aux détenus purgeant une peine de moins de deux ans.
En 1992, le Parlement modifie la Loi pour faciliter le vote aux personnes ayant une déficience. Il s'agit notamment d'assurer l'accès de plain-pied à tous les bureaux de scrutin. Les bureaux de scrutin itinérants voient également le jour. L'année suivante, une modification législative donne le droit de voter par bulletin spécial à tout électeur qui ne peut se rendre à un bureau de vote ordinaire ou par anticipation. Le bulletin spécial est aujourd'hui utilisé par les étudiants éloignés de leur foyer, les vacanciers, les gens d'affaires, les électeurs incarcérés et les gens temporairement établis à l'étranger, y compris les membres des Forces canadiennes et certains fonctionnaires.
Le 31 octobre 2002, la Cour suprême du Canada statue que l'article de la Loi électorale du Canada interdisant le vote aux détenus purgeant une peine de deux ans ou plus va à l'encontre de la Charte. Tous les électeurs incarcérés peuvent dès lors voter par bulletin spécial aux élections générales et partielles et aux référendums fédéraux, peu importe la durée de leur peine.
Le mouvement des suffragettes, la Première Guerre mondiale, l'abaissement de l'âge électoral et la suppression de mesures racialement discriminatoires ont tous contribué à étendre le droit de vote à l'ensemble des Canadiens adultes.
Aujourd'hui, tous les citoyens canadiens de 18 ans ou plus ont le droit de vote, à l'exception du directeur général des élections du Canada et du directeur général adjoint des élections (si ce poste existe), qui doivent toujours garder leur impartialité.
À la plus récente élection générale fédérale, en 2004, sur une population de près de 32 millions d'habitants, environ 22,5 millions de personnes figuraient sur les listes électorales définitives. Presque toutes les personnes non inscrites n'avaient pas 18 ans ou la citoyenneté canadienne. Au total, 61 % des électeurs ont exercé leur droit de vote.
Ainsi, le parcours qui nous a conduits au suffrage très large d'aujourd'hui ne s'est pas fait sans heurts. Au fil des ans, certains progrès ont été contrebalancés par des reculs dictés par les circonstances du moment. L'adoption de la Charte est le principal facteur qui a contribué à l'élimination des derniers vestiges de discrimination dans ce domaine.
Grâce au vote par anticipation, à l'accès universel au vote par bulletin spécial, à l'inscription le jour d'élection et à la généralisation de l'accès de plain-pied aux bureaux de scrutin, pratiquement tout adulte canadien a maintenant le droit – et les moyens – de voter.
L'histoire du vote au Canada
Pour une étude approfondie de l'évolution du droit de vote fédéral, veuillez consulter L'histoire du vote au Canada.
Décembre 2014














La rafle des années 60
https://www.theindigenousfoundation.org/articles/the-sixties-scoop
La rafle des années 60
Écrit par la Fondation autochtone.
Écrit par : Meera Baswan et Sena Yenilmez
Avertissement : Mentions de génocide et d'abus
La rafle des années 60 : qu'est-ce que cela signifie ?
La rafle des années 1960 désigne la période , principalement celle des années 1960 , au cours de laquelle les enfants autochtones ont été retirés de leur famille biologique et de leur communauté , généralement sans leur consentement . Le terme a été inventé par Patrick Johnson dans son rapport de 1983 sur les enfants autochtones pris en charge par le système de protection de l'enfance. Tout au long des années 1960 et par la suite, de nombreux enfants autochtones ont été retirés de leur communauté et adoptés par des familles majoritairement blanches de la classe moyenne partout en Amérique du Nord. La rafle des années 1960 n'est pas survenue parce que le gouvernement se souciait sincèrement du bien-être des enfants autochtones, mais principalement comme une extension des politiques racistes contre les communautés autochtones visant à assimiler les enfants autochtones à la société occidentale et à les arracher à leur culture et à leurs communautés.
Un aperçu de la rafle des années 60
Le processus a débuté en 1951 , lorsque des modifications à la Loi sur les Indiens ont donné au gouvernement provincial l'autorité sur la protection de l'enfance autochtone. Au milieu des années 1960, le nombre d'enfants autochtones pris en charge par le système de protection de l'enfance dans certaines provinces était plus de 50 fois supérieur à ce qu'il était au début des années 1950. À cette époque, les communautés autochtones étaient confrontées à des taux élevés de pauvreté et à des obstacles socioéconomiques, en grande partie à cause des conséquences des pensionnats indiens et de la restriction des droits par la Loi sur les Indiens. Au lieu de fournir à ces communautés les ressources et le soutien appropriés, les gouvernements provinciaux ont décidé que la solution était de retirer les enfants autochtones de leur foyer.
Dans la plupart des cas, les intervenants en protection de l'enfance n'avaient pas les qualifications ni les connaissances nécessaires en matière de protection de l'enfance autochtone. Les décisions de placement d'enfants autochtones dans le système de protection de l'enfance étaient principalement prises par des travailleurs sociaux non autochtones , évoluant dans un système de valeurs eurocanadien et n'étant pas exposés aux visions du monde et aux structures familiales autochtones. Ils ne connaissaient pas la culture des groupes autochtones avec lesquels ils travaillaient, et leur conception des « soins appropriés » reposait sur des valeurs eurocentriques. De plus, jusqu'en 1980, les intervenants en protection de l'enfance n'avaient pas à demander le consentement des communautés autochtones pour retirer ces enfants de leur famille.
Surreprésentation dans le système de protection de l'enfance
Dans les années 1960, les enfants autochtones étaient fortement surreprésentés dans le système de protection de l'enfance. Par exemple, le nombre d'enfants autochtones pris en charge par les services provinciaux en Colombie-Britannique en 1964 (plus de 1 400) était plus de 50 fois supérieur à celui de 1951 (environ 30).
Carte de la rafle des années 60 par la Southern Chiefs' Organization.
Les enfants autochtones ont également été envoyés à l’étranger , dans des pays comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Inde, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande et le Botswana , loin de leurs terres traditionnelles.
Impact
Les survivants de la rafle des années 1960 ont dû faire face à de nombreux défis et à des conséquences à long terme , allant de la perte de leur patrimoine et de leur identité culturelle à une faible estime de soi. Ils se sont déconnectés de leur culture et de leur famille , ce qui a engendré des sentiments de confusion et d'isolement . De nombreux enfants adoptés n'ont découvert leur véritable héritage que plus tard dans leur vie, car les actes de naissance ne pouvaient être ouverts sans le consentement de l'enfant et de ses parents, ce qui a entraîné une détresse émotionnelle. De nombreux survivants ont également signalé avoir subi des violences physiques, émotionnelles et sexuelles de la part des familles qui les avaient placés. Même les enfants placés dans des foyers d'accueil ressentaient encore un manque d'appartenance , car ils n'avaient pas bénéficié de l'éducation et des expériences culturelles spécifiques nécessaires à la construction d'une identité autochtone saine.
Aujourd'hui
Les enfants autochtones sont encore surreprésentés dans le système de protection de l'enfance. En Ontario, ils représentent environ 30 % des enfants placés en famille d'accueil, alors qu'ils ne représentent que 4,1 % de la population de moins de 15 ans. Selon un rapport de mai 2008 du vérificateur général du Canada, les enfants autochtones sont encore largement surreprésentés dans les familles d'accueil : 51 % de tous les enfants pris en charge en Colombie-Britannique, au Canada, sont autochtones. De plus, toujours selon ce rapport, les enfants autochtones de la Colombie-Britannique sont « six fois plus susceptibles d'être pris en charge qu'un enfant non autochtone ». Au Manitoba, entre 1971 et 1981, environ 3 400 enfants autochtones ont été adoptés, dont jusqu'à 80 % dans des familles non autochtones. (Encyclopédie canadienne)
Les alertes de naissance et leurs impacts
Les parents autochtones sont également touchés de manière disproportionnée par les alertes de naissance. C'est à ce moment-là que les services de protection de l'enfance contactent le personnel pour l'informer que le futur parent est jugé inapte à s'occuper de son enfant. Dès la naissance du bébé, l'hôpital avise les services de protection de l'enfance, ce qui peut entraîner le placement des bébés dans les services de protection de l'enfance sans le consentement de leurs parents. Bien que cette pratique ait été officiellement abolie dans des provinces comme l'Ontario et l'Alberta entre 2019 et 2021, et déclarée illégale en Colombie-Britannique, elle est encore très répandue au Québec. Cela a entraîné un manque de confiance envers les professionnels de la santé et les services gouvernementaux, empêchant de nombreux Autochtones de recevoir les ressources et l'aide auxquelles ils ont droit.
Que fait-on à ce sujet ?
L'APN (Assemblée des Premières Nations) a déposé une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne en 2007, alléguant que les politiques de financement d'AANC (Affaires autochtones et du Nord Canada, maintenant dissous et remplacé par Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada et Services aux Autochtones Canada) accentuaient les disparités entre les communautés autochtones et non autochtones. Le vérificateur général du Canada a confirmé en mai 2008 que « les pratiques de financement actuelles ne favorisent pas un financement équitable entre les communautés autochtones et des Premières Nations ».
En 1989, le Canada a contribué à la rédaction de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant , un traité international qui a établi les normes minimales en matière de droits de la personne pour les enfants du monde entier.
Malgré la contribution du Canada à l'élaboration de la Convention, l'UNICEF a signalé en 2007 que le Canada tardait à honorer son engagement à défendre ces droits et à assurer le bien-être des enfants. Le rapport abordait plus particulièrement la situation des enfants autochtones : « Des améliorations sont nécessaires de toute urgence pour garantir aux enfants autochtones un logement adéquat , une alimentation et une eau salubres, une protection contre les contaminants environnementaux et un accès aux soins de santé. »
Sources
Dart, Christopher. « La rafle des années 60 expliquée », CBC, https://www.cbc.ca/cbcdocspov/features/the-sixties-scoop-explained. Consulté le 13 mai 2022.
Gallant, David. « Sixties Scoop ». L'Encyclopédie canadienne, 22 juin 2016, https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/sixties-scoop. Consulté le 13 mai 2022.
Hanson, Erin. « Sixties Scoop ». Fondations autochtones, https://indigenousfoundations.arts.ubc.ca/sixties_scoop/. Consulté le 13 mai 2022.
Martens, Kathleen. « Un projet cartographie les endroits où les survivants de la rafle des années 60 ont été envoyés. » APTN News, 24 juin 2020, https://www.aptnnews.ca/national-news/project-maps-locations-of-where-60.... Consulté le 13 mai 2022.
Sinclair, Raven. « La rafle des années soixante », Origins Canada, http://www.originscanada.org/aboriginal-resources/the-stolen-generation/. Consulté le 13 mai 2022.
La Fondation autochtone.
Suggestion de documentaire sur Crave : Coming Home
28 juin 2023 — COMING HOME (Wanna Icipus Kupi) révèle les impacts de la rafle des années 60
et explore la résilience autochtone à travers la souveraineté narrative.
Making Of : La série est centrée sur une femme des Premières Nations
qui a été adoptée par une famille juive pendant la rafle des années 60,
alors qu'elle tente de renouer avec sa famille biologique.
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