Et les addictions sans substances ?

Et les addictions sans substances :
devenir célèbre sur Instagram,
jouer à des jeux vidéo, etc. en font parti.

Qu'est-ce qu'une addiction sans substances ?
Les addictions sans substance englobent les jeux de hasard et d'argent,
les jeux vidéo, les écrans, internet ou encore les addictions alimentaires ou au sexe.

L'addiction sans substances se définit
par la difficulté voire l'impossibilité
de contrôler un comportement malgré ses conséquences.

Entretien avec Marc Valleur. « Tous addicts ? »
Soumis par Zappiste le 25 janvier 2021
https://blocpot.qc.ca/fr/forum/5708

Marc Valleur est psychiatre et médecin en chef de l’hôpital Marmottan (Paris)
spécialisé dans les soins et l’accompagnement des pratiques addictives.

Extrait :

J’ai l’impression qu’on se bat depuis plus de cinquante ans entre biologistes et psychanalystes dans une fausse guerre : il y a le champ des substances, des objets, de la pharmacologie, qui est celui des biologistes
et il y a le champ des idées, des fantasmes, du sexe et du psychisme, celui des psychanalystes.

On peut être dépendant et accepter de l’être.
À ce moment-là, il n’y a aucune raison d’en faire une maladie.
Je crois que la seule définition de l’addiction au sens clinique du terme, c’est le fait que les personnes concernées elles-mêmes veulent réduire ou arrêter une conduite et n’y arrivent pas. Si la personne ne veut pas réduire ou arrêter, on ne voit pas quelle légitimité permet de définir les gens comme malades. Cela pose d’emblée la question de la médicalisation de l’addiction elle-même. L’addiction, comme la toxicomanie, se définit d’abord de manière subjective. C’est parce que quelqu’un se sent lui-même aliéné du fait de son rapport à une substance, de la répétition d’une conduite, que ça fait une « maladie ».

Il est assez curieux en effet que tout le monde ait cette première « objection » dès qu’on parle du jeu pathologique, que ce n’est pas pareil puisque là il n’y a pas de « substance ». C’est le discours général de certains neurobiologistes qui ont beaucoup de mal à imaginer qu’une conduite puisse à elle seule modifier les circuits cérébraux et plus curieusement, c’est le discours de certains psychanalystes qui disent que ce n’est pas pareil, qu’on n’a pas le droit de comparer un joueur à quelqu’un qui se met une aiguille dans le bras, qui s’injecte de l’héroïne… Les uns ont l’impression qu’on dévalorise leur objet qui est la molécule, et les autres qu’on empiète sur leur territoire, celui du psychisme.

Voici une piste pour comprendre pourquoi cela peut marcher même s’il n’y a pas de substance, et comment, probablement, cela peut finir par fabriquer des substances dans le corps, avec le sport, avec le jeu… Donc il y a des théories pharmacologiques des addictions sans substance. Quantité d’auteurs pensent que le jeu pathologique, c’est du stress, que le stress, c’est d’abord de l’adrénaline et que les décharges d’adrénaline répétées douze fois par minute devant une machine à sous, cela finit par perturber les circuits cérébraux de la même manière que si on s’injectait de la cocaïne ou des amphétamines. Il n’y a aucune raison que ce soit faux.
Ce qui est étonnant c’est que cela choque, et les pharmacologistes, et les psychanalystes.

L’ordalie
Au risque du hasard
Marc Valleur
https://www.erudit.org/fr/revues/fr/2001-v14-n1-fr05746/1074146ar/

Résumé
Les conduites ordaliques ne sont que l’un des multiples angles sous lesquels peut être abordée la relation du sujet au risque. Elles permettent cependant d’éclairer certaines formes de conduites de risque, comme d’ailleurs un aspect de l’addiction aux drogues, mais aussi aux jeux de hasard et d’argent. Le recours à des épreuves ordaliques pourrait être considéré, à l’intérieur d’un processus addictif, comme une tentative pour le sujet, à travers un vécu de mort et de renaissance, de se refaire, de repartir à zéro, de redonner un sens à son existence.

Il est venu donner une conférence à l'Université du Québec.

La phobie...
Un passager à coté de lui dans l'avion lui parlait de sa passion pour les mygales.
Dans sa tête Marc continuait à se convaincre que c'était l'autre qui avait un problème
mais pas lui avec sa phobie, peur, des tarentules/araignées.

Quand t'as la phobie des conférences, tu te fais remplacer.
Il était là en remplacement d'un confrère !;O)

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