Ottawa laisse s'éroder l'avantage mondial du Canada en matière de cannabis
Le budget 2025 a ignoré le secteur du cannabis légal au Canada, un secteur qui a démontré sa valeur économique, dynamisé les économies rurales et régionales et créé des dizaines de milliers d’emplois.
Les producteurs doivent verser l'accise avant d'être payés, ce qui engendre de graves difficultés de trésorerie.
Le régime d'accise actuel a été conçu en 2018 en partant du principe que le cannabis légal se vendrait au détail à 10 $ le gramme ou plus, avec une taxe fixée au plus élevé des deux montants suivants : 1 $ le gramme ou 10 % du prix de vente. Or, avec des prix de détail moyens avoisinant désormais les 3 $ le gramme, ce seuil minimal de 1 $ est devenu un frein considérable, entraînant des taux d'imposition effectifs de 30 à 35 %, soit jusqu'à 12 fois plus élevés que pour le vin et six fois plus élevés que pour la bière.
Pas de lien vers Abacus Data
58 % souhaitent que le gouvernement facilite la croissance et la compétitivité du secteur,
tandis que 59 % souhaitent une mise à jour de la réglementation afin de stimuler l'emploi et l'innovation.
Les Canadiens ont donc accordé aux décideurs politiques leur approbation pour une réforme positive.
Des Canadiens ont donc accordé...
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Ottawa laisse s'éroder l'avantage mondial du Canada en matière de cannabis
Présenté en partenariat avec Organigram
21 novembre 2025
Bâtir une « économie canadienne unie » devrait impliquer de soutenir à la fois les industries traditionnelles et les industries émergentes à fort potentiel mondial. Or, le budget 2025 a ignoré le secteur du cannabis légal au Canada, un secteur qui a démontré sa valeur économique, dynamisé les économies rurales et régionales et créé des dizaines de milliers d’emplois. Aucune avancée n’a été constatée concernant la réforme des droits d’accise, aucune mesure n’a été prise en vue de l’instauration d’un timbre d’accise national unique malgré un engagement pris dans l’énoncé économique de l’automne dernier, et aucune stratégie nationale d’exportation de cannabis n’a été élaborée, alors même que le marché mondial devrait dépasser les 140 milliards de dollars canadiens.
En clair : le désengagement et la stigmatisation persistante chez les décideurs politiques sont non seulement dépassés, mais ils coûtent activement au Canada des emplois, des investissements et un leadership mondial.
En 2018, le Canada est entré dans l'histoire en devenant le premier grand pays à légaliser le cannabis. Mais sans une réforme urgente, nous perdrons notre avantage. Nous constatons déjà des fermetures d'établissements, des pertes d'emplois, des faillites, une fuite des capitaux et un marché légal qui peine à survivre sous le poids d'une réglementation et d'une fiscalité qui le perçoivent comme une expérience sociale risquée. En effet, le succès de la légalisation ne se mesure pas uniquement à la décision de légaliser, mais aussi à la capacité du gouvernement à créer un environnement favorable permettant à l'industrie légale de se développer et de prospérer. Sur ce point, Ottawa échoue.
Depuis sa légalisation, le secteur du cannabis légal a contribué à hauteur de plus de 76 milliards de dollars au PIB et, en 2024, malgré un régime fiscal et réglementaire défavorable, il a généré 29 milliards de dollars de production économique, 16 milliards de dollars de PIB direct et a soutenu plus de 227 000 emplois. Cette contribution de 16 milliards de dollars au PIB direct dépasse celle des secteurs traditionnels régulièrement mis en avant par les décideurs fédéraux, comme la foresterie, les brasseries, l’aquaculture et la vinification. Toutefois, obtenir des résultats malgré les obstacles politiques ne signifie pas pouvoir prospérer malgré ces obstacles. Si Ottawa persiste dans son inaction, ces acquis seront anéantis. La situation est intenable : on ne peut pas créer une industrie légale par la loi et ensuite refuser d’en assurer le succès.
L'opinion publique est également favorable à la réforme. Outre le fait que 35 % des Canadiens ont consommé du cannabis au cours des six derniers mois – preuve supplémentaire de son essor –, Abacus Data a constaté que 58 % souhaitent que le gouvernement facilite la croissance et la compétitivité du secteur, tandis que 59 % souhaitent une mise à jour de la réglementation afin de stimuler l'emploi et l'innovation. Les Canadiens ont donc accordé aux décideurs politiques leur approbation pour une réforme positive.
Pourtant, malgré le soutien du public, la réglementation fédérale n'a pas évolué.
Le régime d'accise actuel a été conçu en 2018 en partant du principe que le cannabis légal se vendrait au détail à 10 $ le gramme ou plus, avec une taxe fixée au plus élevé des deux montants suivants : 1 $ le gramme ou 10 % du prix de vente. Or, avec des prix de détail moyens avoisinant désormais les 3 $ le gramme, ce seuil minimal de 1 $ est devenu un frein considérable, entraînant des taux d'imposition effectifs de 30 à 35 %, soit jusqu'à 12 fois plus élevés que pour le vin et six fois plus élevés que pour la bière. Les producteurs doivent verser l'accise avant d'être payés, ce qui engendre de graves difficultés de trésorerie.
Pour compliquer encore la situation, le système de timbres d'accise provinciaux coûte à l'industrie plus de 100 millions de dollars par année et constitue un obstacle au commerce interprovincial. Des provinces comme l'Ontario et le Nouveau-Brunswick ont déjà fait pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il intervienne. Ottawa devrait agir en abolissant le taux d'accise minimal de 1 $ le gramme au profit d'un modèle de 10 % et en adoptant un timbre d'accise national unique afin de réduire le gaspillage et de simplifier la circulation des produits.
La réforme des taxes d'accise fait partie des mesures nécessaires. La culture du cannabis ne se limite pas à une production et une transformation de pointe, mais relève également d'une agriculture moderne. La politique fédérale doit en tenir compte.
Au Nouveau-Brunswick, le cannabis est désormais la culture la plus lucrative de la province, surpassant les pommes de terre et les produits laitiers et représentant 36 % des recettes agricoles totales. À l’échelle nationale, le cannabis a généré 2,7 milliards de dollars en recettes agricoles en 2024, le plaçant parmi les principaux produits agricoles du Canada. Ce n’est pas une hypothèse : des installations comme celle d’Organigram à Moncton sont des environnements agricoles hautement automatisés et contrôlés avec précision, dotés de technologies agricoles de pointe – exactement le type d’infrastructure dont le Canada a besoin pour être un chef de file dans les cultures à haute valeur ajoutée et l’agriculture en environnement contrôlé.
Par conséquent, la politique et la réglementation du cannabis doivent être transférées de Santé Canada à Agriculture et Agroalimentaire Canada – un modèle déjà adopté en Colombie-Britannique – et intégrées à la politique agroalimentaire nationale, au financement de l’innovation, aux initiatives commerciales et aux stratégies de développement régional. On ne peut bâtir une industrie agricole tournée vers l’avenir en négligeant l’un de ses éléments les plus avancés. Parallèlement, le Canada devrait lancer une stratégie nationale d’exportation de cannabis digne d’un chef de file du G7 en matière d’agriculture et de transformation réglementées.
Le cannabis légal a toute sa place. Le Canada a déjà été un chef de file et peut l’être à nouveau, mais pas si la vision d’une économie canadienne unie exclut un secteur que les Canadiens soutiennent déjà. Si nous voulons vraiment bâtir un « Canada fort », le cannabis ne peut être laissé de côté.
Beena Goldenberg
Beena Goldenberg est la PDG d'Organigram Global.
Le budget de 2025 : un investissement « de portée historique », mais avec des coupes profondes
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