La marijuana stimule-t-elle la créativité des développeurs informatique ?
C’est ce que suggère une récente étude de l’université du Michigan qui souligne qu’un tiers d’un lot de 800 en consomme et en vante les bénéfices. La publication remet du même coup sur la table un débat sur la substance médicinale : Lobbying ? Raisons médicales avérées ? Pourquoi la consommation de cannabis est-elle interdite dans certains pays dont la France ?
Ces questionnements font suite à une sortie de James Comey – ancien directeur du FBI. En 2014, Il a déclaré être intéressé par un assouplissement des politiques d'emploi autour de la marijuana. Motif : de potentiels agents fédéraux désirent fumer de l’herbe en se rendant à leur entretien d’embauche. En d’autres termes, certains postes de la filière informatique au sein de l’administration fédérale américaine n’ont pu être pourvus parce que les postulants étaient des consommateurs de marijuana. La récente étude vient mettre en avant l’une des raisons pour lesquelles certains intervenants de la filière informatique consomment de la marijuana : stimuler leur créativité.
« Les principales motivations de la consommation de cannabis pendant les activités de développement informatique sont liées à la perception d'une amélioration de leurs aptitudes à programmer », indiquent les auteurs de l’étude.
Dans les chiffres, 35 % des participants à l'enquête ont déclaré avoir essayé le cannabis en programmant ou en accomplissant une autre tâche liée à l'ingénierie logicielle. L'étude s'est également penchée sur la fréquence de consommation parmi d’ingénieurs de la filière informatique qui ont déclaré avoir consommé de la marijuana. Cinquante-trois pour cent (53 %) d'entre eux ont déclaré avoir consommé du cannabis tout en programmant au moins 12 fois par an, 27 % ont déclaré en avoir consommé au moins deux fois par semaine et 4 % ont déclaré en consommer en travaillant de façon quasi quotidienne.
Les auteurs de l'étude ont en sus voulu mieux comprendre pourquoi les programmeurs choisissaient eux aussi de consommer de la marijuana. Ils ont découvert que les tâches les plus courantes pour lesquelles les travailleurs de cette filière consomment de la marijuana étaient le brainstorming, le prototypage, le codage et les tests.
« les raisons les plus courantes de consommation de marijuana mises en avant par les participants à l’enquête étaient : rendre les tâches liées à la programmation plus agréables (61 %) ; penser à des solutions de programmation plus créatives (53 %). En fait, toutes les raisons en lien avec l’amélioration des aptitudes en programmation ont été choisies par au moins 30 % des répondants. En revanche, les raisons liées au bien-être général (comme l'atténuation de la douleur et de l'anxiété) ont toutes été citées par moins de 30 % des répondants. Ainsi, si le bien-être motive une certaine consommation de cannabis pendant les activités de développement informatique, ce n'est pas la motivation la plus courante », souligne l’étude.
Les chiffres tombent après que l’État de New York a décidé de lever l’interdiction sur la consommation de marijuana. En droite ligne avec cette décision, son ministère du Travail n’autorise plus les employeurs à soumettre les travailleurs à des tests de dépistage de marijuana. Les législateurs du Sénat et de la Chambre des représentants ont tous deux inclus dans les récents rapports de crédits un texte demandant une révision des politiques d'emploi des agences fédérales en ce qui concerne l'usage personnel du cannabis. La version de la Chambre a été adoptée en juillet, tandis que le rapport des démocrates du Sénat a été publié en octobre.
Ces positionnements contrastent avec ceux de pays comme la France. Le dernier volet du rapport parlementaire sur la réglementation et l’impact des différents usages du cannabis recommande de légaliser et réglementer le cannabis pour mieux protéger les Français. Cette recommandation va à l'encontre de la politique actuelle du gouvernement français et des récentes déclarations du président Emmanuel Macron : « À l’inverse de ceux qui prônent la dépénalisation généralisée, je pense que les stups ont besoin d’un coup de frein, pas d’un coup de publicité. »
Source : Etude
https://arxiv.org/abs/2112.09365
[Soumis le 17 décembre 2021]
Hashing It Out: A Survey of Programmers' Cannabis Usage, Perception, and Motivation
Le hachage : une enquête sur l'utilisation, la perception et la motivation du cannabis des programmeurs
Madeline Endres , Kevin Boehnke , Westley Weimer
(En utilisant la traduction en français le texte double de longueur)
[Submitted on 17 Dec 2021]
Hashing It Out: A Survey of Programmers' Cannabis Usage, Perception, and Motivation
Madeline Endres, Kevin Boehnke, Westley Weimer
Cannabis is one of the most common mind-altering substances. It is used both medicinally and recreationally and is enmeshed in a complex and changing legal landscape. Anecdotal evidence suggests that some software developers may use cannabis to aid some programming tasks. At the same time, anti-drug policies and tests remain common in many software engineering environments, sometimes leading to hiring shortages for certain jobs. Despite these connections, little is actually known about the prevalence of, and motivation for, cannabis use while programming. In this paper, we report the results of the first large-scale survey of cannabis use by programmers. We report findings about 803 developers' (including 450 full-time programmers') cannabis usage prevalence, perceptions, and motivations. For example, we find that some programmers do regularly use cannabis while programming: 35% of our sample has tried programming while using cannabis, and 18% currently do so at least once a month. Furthermore, this cannabis usage is primarily motivated by a perceived enhancement to certain software development skills (such as brainstorming or getting into a programming zone) rather than medicinal reasons (such as pain relief). Finally, we find that cannabis use while programming occurs at similar rates for programming employees, managers, and students despite differences in cannabis perceptions and visibility. Our results have implications for programming job drug policies and motivate future research into cannabis use while programming.














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