Banque alimentaire: une vraie honte

Cette réalité, au Québec, ce sont 872 000 personnes tous les mois qui la vivent.
45 % des bénéficiaires sont des familles avec enfants.

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PHILIPPE-VINCENT FOISY

Banque alimentaire: une vraie honte
Lac (pas de nom de famille)
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

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Jeudi, 26 octobre 2023 00:00
MISE À JOUR Jeudi, 26 octobre 2023 00:15

Imaginez être obligé de faire la file une fois par semaine pour aller chercher de la nourriture dans une banque alimentaire.

Attendre avec d’autres comme vous. Certains ont déjà fait des dons à ces mêmes banques alimentaires. D'autres travaillent à temps plein.

Plusieurs familles sont là. Des mères et des pères qui veulent simplement que leurs enfants puissent aller à l’école avec quelque chose dans le ventre.

C’est beau de courir les rabais, trouver des coupons, cuisiner, ne pas gaspiller, mais il y a des limites à ce que les trucs pour économiser peuvent faire.

Cette réalité, au Québec, ce sont 872 000 personnes tous les mois qui la vivent. Un Québécois sur 10 a besoin de l’aide des banques alimentaires. C’est 30 % de plus qu’en 2022 et 73 % de plus qu’en 2019.

Le nombre de travailleurs qui ont recours aux banques alimentaires a doublé depuis 2019 !

Près de la moitié (45 %) des bénéficiaires sont des familles avec enfants.

Une situation « jamais vue auparavant ».

Comment peut-on laisser ce chiffre croître de cette manière ?

Le gouvernement devrait être gêné de voir cette hausse fulgurante des demandes d’aide !

Et le pire, c’est qu’on est loin de voir des jours plus heureux se profiler à l’horizon !

« Le contexte économique préoccupant laisse envisager des jours encore plus difficiles », avertit Martin Munger, directeur général des Banques alimentaires du Québec.

« Nous ne pourrons pas avoir un impact durable dans la lutte contre la faim au Québec. Cela devra passer par l’implantation de politiques de lutte à la pauvreté », ajoute M. Munger.

Les banques aussi demandent de l’aide
Le plus troublant, c’est que les banques alimentaires elles-mêmes n’ont pas assez de ressources pour répondre à toutes les demandes !

Il faudrait une aide d’urgence de 18 millions $ pour pouvoir répondre aux besoins pour le reste de l’année !

Les 6 millions $ versés en juillet dernier sont déjà tous dépensés.

En fait, 71 % des 1300 organismes membres des Banques alimentaires du Québec ont déclaré avoir manqué de denrées en 2023.

Trois problèmes : plusieurs solutions
Le coût de la nourriture, le coût du logement et les faibles salaires sont les principales raisons pour lesquelles les Québécois se rendent dans les banques alimentaires.

Donc même si le gouvernement donnait les 18 millions $ demandés, on ne règlerait pas du tout le problème. (Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas aider les banques alimentaires, au contraire !)

L’inflation se calme, mais elle est encore loin du 2 % visé.

Les salaires augmentent, mais pas assez vite visiblement. Et de plus en plus de travailleurs vivent de la précarité avec l’économie qui ralentit.

Et le logement, la CAQ et le PLC se sont finalement réveillés sur l’importance d’agir. Ce devrait être leur priorité : construire du logement abordable.

L’optimiste dira que c’est rassurant de savoir que notre filet social tient le coup.

Le pessimiste, qu’on n’a encore rien vu !

Le cynique, qu’on devrait aider ces 872 000 personnes en réduisant les subventions aux entreprises privées !

Le citoyen : c’est honteux qu’on en soit rendu là.

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