La légalisation du cannabis en Colombie approuvée par la Chambre des représentants
doit être soumis au Sénat pour franchir les deux derniers obstacles avant d’être éventuellement transmis au président.
La légalisation du cannabis en Colombie approuvée par la Chambre des représentants
Publié il y a 17 heures le 10 mai 2023
Par Aurélien BERNARD
Projet de légalisation du cannabis en Colombie
Le projet de légalisation du cannabis en Colombie a officiellement été adopté par la Chambre des représentants du pays et doit maintenant être soumis au Sénat pour franchir les deux derniers obstacles avant d’être éventuellement transmis au président.
Après un vote serré le mois dernier, les législateurs ont repris le projet de loi mardi, l’approuvant lors du sixième des huit débats requis, par un vote de 98 à 57. Le projet de loi doit maintenant être soumis à une commission sénatoriale, puis être adopté par le Sénat pour être promulgué.
La Colombie est « prête à faire un pas en avant vers une nouvelle politique des drogues qui abandonne le paradigme raté de la prohibition et ouvre la voie à une politique guidée par les lignes directrices de la santé publique, la prévention de la consommation et la garantie des droits des citoyens », a déclaré l’auteur du projet de loi, le député Juan Carlos Losada Vargas du parti libéral.
« Il s’en faut de peu pour que nous commencions à écrire une nouvelle histoire dans la lutte contre la drogue ; à ce stade, c’est une question de volonté politique », a-t-il déclaré. « Chaque vote est décisif. »
L’année dernière, la Chambre et le Sénat ont adopté des versions différentes de la législation sur la légalisation, et les deux organes ont décidé de rendre les projets de loi identiques en décembre. Le Sénat a approuvé à une écrasante majorité sa version du projet de loi ce mois-là, après avoir reçu l’approbation initiale de la Chambre.
En tant que proposition d’amendement constitutionnel, la proposition doit passer par le processus législatif complet dans chaque chambre deux fois, au cours d’années civiles distinctes, afin d’être promulguée.
Le projet de loi sur la légalisation soutient « le droit au libre développement de la personnalité, en permettant aux citoyens de décider de la consommation de cannabis dans un cadre juridique réglementé ». Et il atténuerait « le traitement arbitraire, discriminatoire ou inégal face à la population qui consomme ».
Il appelle également à des campagnes d’éducation du public et à la promotion de services de traitement de la toxicomanie.
Lors d’une audition publique au Sénat l’année dernière, le ministre de la justice, Néstor Osuna, a déclaré que la Colombie avait été victime d’une « guerre ratée conçue il y a 50 ans et qui, en raison d’un prohibitionnisme absurde, nous a apporté beaucoup de sang, de conflits armés, de mafias et de crimes ».
La Chambre des représentants a donné son accord initial au projet de légalisation l’année dernière. Le chef du ministère de l’intérieur s’était également prononcé en faveur de la proposition de réforme à l’époque. Ce vote est intervenu peu de temps après qu’une commission du Congrès a fait avancer cette mesure et un autre projet de loi sur la légalisation.
Le président Gustavo Petro, un progressiste qui, depuis son investiture en août, plaide vigoureusement en faveur de la fin de la criminalisation des drogues au niveau international, a évoqué les avantages possibles de la légalisation du cannabis.
L’année dernière, le président a prononcé un discours lors d’une réunion de l’Organisation des Nations unies (ONU), exhortant les pays membres à modifier radicalement leur approche de la politique en matière de drogues et à mettre fin à la prohibition.
M. Petro a également évoqué la possibilité de légaliser le cannabis en Colombie afin de réduire l’influence du marché illicite. Il a également indiqué que ce changement de politique devrait être suivi de la libération des personnes actuellement emprisonnées pour possession de cannabis.
Il a évoqué le potentiel économique d’une industrie légale du cannabis, dans laquelle les petites villes des Andes, de Corinto et de Miranda pourraient bénéficier d’une culture légale du cannabis, éventuellement sans obligation de licence.














La Colombie pas victime ! Ils ont choisi la prohibition absurde
La Colombie avait été victime d’une « guerre ratée conçue il y a 50 ans et qui, en raison d’un prohibitionnisme absurde, nous a apporté beaucoup de sang, de conflits armés, de mafias et de crimes ».
La Colombie n'a pas été victime !
Ils ont choisi la prohibition absurde des États-Unis, avec les armements, les conseillers et normément de fric,
qui a apporté beaucoup de sang, de conflits armés, de mafias et de crimes !
Et victime de la Convention unique sur les stupéfiants, 1961
https://www.unodc.org/
Temporairement indisponible
Ce service est temporairement interrompu pour maintenance programmée et sera de nouveau en ligne sous peu.
Nous sommes désolés pour les inconvénients et apprécions votre patience.
Temporarily unavailable
This service is temporarily down for scheduled maintenance and will be back online shortly.
We are sorry for the inconvenience and appreciate your patience.
Cette Convention a pour but de lutter contre la consommation de drogues par le biais d'une intervention internationale coordonnée.
Tout d'abord, elle a pour but de limiter la possession, la consommation, le commerce, la distribution, l'importation, l'exportation, la fabrication et la production de drogues uniquement à des fins médicales et scientifiques. Elle lutte également contre le trafic de stupéfiants par le biais d'une coopération internationale pour dissuader et décourager les trafiquants de drogues.
Pourquoi ils n'ont pas inclus le tabac et l'alcool, qui n'ont jamais été éliminés du,
et profitent toujours au, marché illicite, pour lutter contre la consommation et l'abus de ces drogues, mortelles cancérigènes addictives des fléaux mondiaux qui tuent plus journalièrement que toutes les drogues illicites réunies.
Le cannabis seul sans mélange n'a aucune dose ni surdose mortelle.
La légalisation du cannabis a fait baisser exponentiellement le nombre de consommateurs de drogues illicites
n'étant plus la substance illégale la plus consommée.
Son retour à la légalité a redonné son titre de DROGUE légale #1 pour le nombre de drogués, l'alcool.
Alcool un dépresseur psychotrope mortel cancérigène à dépendance très forte comme l'héroïne
à consommation légale par des enfants car il n'y a aucun âge minimum de consommation avec un parent.
Enfants dont le cerveau ne sera complété qu'à 23-25 ans.
Un parent peut consommer fournir de l'alcool à son enfant de 6-17 ans qui ne peut en acheter !
Rappelons que 84% des Québécois de 12 ans et plus consomment de l'alcool.
Que des jeunes de 12 ans devenus dépendants consomment régulièrement de l'alcool.
La consommation est légale pour les 6-17 ans mais pas son achat.
Le problème ce n'est pas ses nombreux bienfaits et usages:
Thérapeutiques - Récréatifs - Alimentaires/Agricoles - Industriels - Économique$.
Mais qu'il enlève d'énormes profits aux dealmakers, de produits mortels cancérigènes dangereux.
Pétrolières/plastiques, pharmaceutiques, alcool, tabac, des fléaux et environnementaux mondiaux.
Dealmakers racistes - misogynes - homophobes - cannaphobes - monopolistes, etc. !
CONVENTION DE 1971 SUR LES SUBSTANCES PSYCHOTROPES
ACTE FINAL DE LA CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES
POUR L’ADOPTION D’UN PROTOCOLE SUR LES SUBSTANCES PSYCHOTROPES
Les Parties,
Soucieuses- de la santé physique « et morale » de l’humanité,
(Quelle est LA morale de l'humanité ?)
Préoccupées par le problème de santé publique et le problème social qui
résultent de l’abus de certaines substances psychotropes,
(La criminalisation n'a pas réglé le problème de l'abus de substances licites ou non !
L'aspect médical ou la promotion de la santé et du bien-être
n'ont rien à voir avec la justice pénale.)
« Déterminées » à prévenir et à combattre l’abus de ces substances
« et le trafic illicite auquel il donne lieu »,
(La seule raison pour laquelle les drogues financent
les grands mouvements terroristes du monde, et les organisations criminelles.
C'EST LA PROHIBITION !)
Considérant qu’il est nécessaire de prendre des mesures rigoureuses pour
limiter l’usage de ces substances à des fins légitimes,
Reconnaissant que l’utilisation des substances psychotropes à des fins
médicales et scientifiques est indispensable et que la possibilité de se procurer
des substances à ces fins ne devrait faire l’objet d’aucune restriction injustifiée,
Croyant que pour être efficaces les mesures prises contre l’abus de ces
substances « doivent être coordonnées et universelles »,
"ne devrait faire l’objet d’aucune restriction injustifiée" !?
(Combien de pays signataires refusent l'utilisation de substances
comme le cannabis THC et CBD à des fins médicales ?)
Reconnaissant la compétence de l’Organisation des Nations Unies en matière
de contrôle des substances psychotropes et désirant que les organes inter
nationaux intéressés exercent leur activité dans le cadre de cette organisation,
(Perso en me fiant sur les résultats de ces conventions. Je mets en doute la compétence de l’Organisation des Nations Unies en matière de contrôle des substances psychotropes, qui a échoué.)
Convaincues qu’une convention internationale est nécessaire pour réaliser ces fins,
(La légalisation a démontré qu'elle est nécessaire pour réaliser ces fins !)
Rappelons que tous les pays et États qui ont légalisé violé les conventions
n'ont subis aucune sanction de l’Organisation des Nations Unies.
Ni boycotts des signataires !
Exemple de Pays qui a légalisé malgré la signature de conventions:
Pays qui a imposé la légalisation Harmonisation.
Le Canada qui a signé tour à tour, au fil des ans, la Convention unique sur les stupéfiants, en 1961, la Convention sur les substances psychotropes, en 1971, et la Convention des Nations unies contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, en 1988.
Or, que toutes ces conventions stipulent que les États signataires interdisent la production, la possession et la consommation de cannabis sur leur territoire.
Heureusement des Pays et États ont réalisé que
la guerre moraliste aux consommateurs de cannabis cause plus de problèmes que le cannabis !
Ils n'ont pas compris que:
La seule raison pour laquelle les drogues financent
les grands mouvements terroristes du monde, et les organisations criminelle.
C'EST LA PROHIBITION !
Qu'est-ce que les gouvernements ne comprennent
pas au sujet de cette vérité économique toute simple?
C'est un fait économique très simple.
C'est un principe d'économie de base, d'économie 101.
Interdisez une substance que beaucoup de gens veulent
et un marché noir lucratif verra le jour.
La force économique de la prohibition est bien plus puissante que toute force mise en oeuvre par le gouvernement pour la contrer.
Le projet de légalisation du cannabis en Colombie a officiellement été adopté par la Chambre des représentants du pays et doit maintenant être soumis au Sénat
pour franchir les deux derniers "obstacles" avant d’être éventuellement transmis au président.
J'ai visité la Colombie et constaté la corruption dû à la pauvreté.
Corruption des militaires , la police, etc. parce qu'ils sont mal payés.
L'armée compense le manque d'emplois.
Que la feuille de coca était nécessaire pour combattre le froid, la faim, la fatigue, etc.
Le bon coté de la corruption !
Fait vécu:
Si vous vous faites arrêter vous pouvez payer en U$ pour vous en sortir.
La menace de vous emmener au poste c'est une farce
car plus il y aura de personnes plus il faudra partager le fric !;O)
La Colombie avait été victime d’une « guerre ratée conçue il y a 50 ans et qui, en raison d’un prohibitionnisme absurde, nous a apporté beaucoup de sang, de conflits armés, de mafias et de crimes ».
La seule raison pour laquelle les drogues financent
les grands mouvements terroristes du monde, et les organisations criminelle.
C'est la prohibition !
Qu'est-ce que le gouvernement ne comprend pas
au sujet de cette vérité économique toute simple?
C'est un fait économique très simple.
C'est un principe d'économie de base, d'économie 101.
Interdisez une substance que beaucoup de gens veulent et un marché noir lucratif verra le jour.
La force économique de la prohibition est bien plus puissante que toute force mise en oeuvre par le gouvernement pour la contrer.
2002 - Si on met fin à la prohibition, le crime organisé cessera rapidement de s'intéresser dans la part la plus importante du commerce du cannabis et de sa production.
2023 - La légalisation Harmonisation imposée par le gouvernement fédéral en 2018
a fait que des Provinces et Territoires qui ont choisi l'Harmonisation pour leurs adultes de 18-19 ans
ont réussi à récupérer 67% du marché illicite en 4 ans.
https://www.blocpot.qc.ca/fr/forum/7032
M. Eugene Oscapella (directeur, Fondation canadienne pour une politique sur les drogues)
Témoignage: Comité spécial du Sénat sur les drogues illicites (Canada, 2002)
La seule raison pour laquelle les drogues financent les grands mouvements terroristes du monde, c'est la prohibition.
La seule raison de l'intérêt du crime organisé pour le cannabis, c'est l'interdiction des drogues par nos lois pénales qui crée un marché noir extrêmement lucratif.
Je me pose encore une fois la question, monsieur le président.
Qu'est-ce que le gouvernement ne comprend pas au sujet de cette vérité économique toute simple?
Je vais vous les décrire un peu, monsieur le président, simplement pour insister sur cet aspect de la question. C'est un fait économique très simple. C'est un principe d'économie de base, d'économie 101. Interdisez une substance que beaucoup de gens veulent et un marché noir lucratif verra le jour. La force économique de la prohibition est bien plus puissante que toute force mise en oeuvre par le gouvernement pour la contrer.
Je ne cesse de demander ce que le gouvernement n'arrive pas à comprendre dans ces simples règles économiques relatives à la prohibition.
L'un des mes collègues a laissé entendre qu'un projet de loi comme celui-ci devrait plutôt porter le titre de
« loi visant les subventions au crime organisé et au terrorisme », puisque c'est l'effet qu'il aura.
En maintenant la prohibition, on subventionne le crime organisé et les groupes terroristes du monde entier.
Le vice-président (M. Randy White): Merci, Tony.
C'est maintenant le tour d'Eugène, de la Fondation canadienne pour une politique sur les drogues.
+-
M. Eugene Oscapella (directeur, Fondation canadienne pour une politique sur les drogues): Merci, monsieur le président.
J'insiste sur le fait que nous sommes un organisme non partisan. Nous nous consacrons à la recherche de solutions qui rendront les lois sur les drogues efficaces et humanitaires. Mes commentaires au sujet de ce projet de loi ne sont nullement empreints de partisanerie.
Je tiens aussi à reconnaître l'ouverture d'esprit de bon nombre des membres du comité, relativement à ce sujet. Mes commentaires ne sont pas faits à leur endroit, mais s'adressent plutôt à l'ensemble du gouvernement. Je serai direct.
Le projet de loi, dans son libellé actuel, comporte des failles fondamentales et, je l'espère, fatales. Le problème le plus fondamental du projet de loi, c'est qu'il ne reconnaît pas le rôle de la prohibition criminelle comme source de nombreux méfaits associés au cannabis.
Je vais vous les décrire un peu, monsieur le président, simplement pour insister sur cet aspect de la question. C'est un fait économique très simple. C'est un principe d'économie de base, d'économie 101. Interdisez une substance que beaucoup de gens veulent et un marché noir lucratif verra le jour. La force économique de la prohibition est bien plus puissante que toute force mise en oeuvre par le gouvernement pour la contrer. Je ne cesse de demander ce que le gouvernement n'arrive pas à comprendre dans ces simples règles économiques relatives à la prohibition.
La semaine dernière, le National Post rendait publics des éléments de rapport confidentiel de la GRC sur le problème croissance du crime organisé au Canada. Que disait ce rapport? La GRC disait que les drogues sont le pain et le beurre de ces groupes criminels organisés. Nous le savions depuis des années, nous savions que la plupart des organisations criminelles du Canada tiraient une part substantielle de leurs revenus du trafic de drogues. Pourquoi dégage-t-elle un tel revenu du trafic de drogues? À cause de la prohibition, tout simplement.
Si on met fin à la prohibition, le crime organisé cessera rapidement de s'intéresser dans la part la plus importante du commerce du cannabis et de sa production. La seule raison de l'intérêt du crime organisé pour le cannabis, c'est l'interdiction des drogues par nos lois pénales qui crée un marché noir extrêmement lucratif. Je me pose encore une fois la question, monsieur le président. Qu'est-ce que le gouvernement ne comprend pas au sujet de cette vérité économique toute simple?
La seule raison pour laquelle les drogues financent les grands mouvements terroristes du monde, c'est la prohibition. Un kilo d'opium, dont la production ne coûte qu'environ 100 $—et il faudra 900 $ pour produire un kilo d'héroïne—est vendu dans les rues américaines, d'après les chiffres des Nations Unies, un peu moins de 300 000 $, pour un profit d'environ 32 000 p. 100. Et cela, simplement parce que nous avons choisi le droit pénal pour réprimer ces drogues, créant ainsi un marché d'un excellent rapport pour les groupes terroristes comme pour les groupes criminels organisés.
L'un des mes collègues a laissé entendre qu'un projet de loi comme celui-ci devrait plutôt porter le titre de « loi visant les subventions au crime organisé et au terrorisme », puisque c'est l'effet qu'il aura. En maintenant la prohibition, on subventionne le crime organisé et les groupes terroristes du monde entier.
J'ai bien aimé les commentaires de M. Lee au sujet des risques associés à la production de drogues. Pourquoi les laboratoires de production sont-ils dangereux? Les lieux de culture de cannabis n'existent qu'en raison de la prohibition qui crée ce marché phénoménalement lucratif des drogues. Le miroitement de profits faramineux grâce à la prohibition séduit ceux qui se lancent dans la culture du cannabis. Et ce n'est que parce qu'il faut garder cette activité secrète et protégée que les gens se livrent à des activités dangereuses, comme le vol d'électricité et l'installation de pièges.
Levez la prohibition et plus rien n'encouragera les criminels à cultiver le cannabis, à cacher leurs exploitations en volant de l'électricité et à les protéger au moyen d'armes comme celles qui menacent les pompiers. Maintenez la prohibition et vous continuerez d'encourager la culture dangereuse du cannabis et les intérêts des organisations criminelles. Monsieur le président, dites-moi ce que le gouvernement ne saisit pas dans cette simple vérité économique?
En resserrant les pénalités pour la culture du cannabis, ce projet de loi va très probablement dissuader certains petits producteurs, qui mettront fin à leur activité. Mais ensuite? Le marché sera repris par les organisations criminelles qui ne craignent pas la loi. La loi, de bien des façons, ne dissuade pas les groupes criminels organisés. En alourdissant les peines pour les plus gros producteurs, ceux qui produisent un plus gros volume de cannabis, on ne fait que confier le marché au crime organisé.
On peut maintenant entendre quelqu'un dire que nos lois antidrogues sont nécessaires pour protéger les jeunes Canadiens. Pensons-y bien. À cause de la rentabilité du cannabis qui, je le répète, découle simplement de sa prohibition, il est encore plus intéressant qu'autrement d'essayer de vendre ces drogues à quiconque, y compris à des mineurs. Encore une fois, monsieur le président, je me demande ce que le gouvernement ne comprend pas, dans cette vérité économique toute simple.
Á +-(1130)
Le Comité spécial du Sénat sur les drogues illicites a reconnu que le gros des problèmes associés au cannabis découlaient de sa prohibition. Pourquoi le gouvernement actuel ne le comprend-il pas? On lui a présenté un rapport de 600 pages, extrêmement bien documenté et approfondi, sur cette question. Pourquoi le gouvernement ne comprend-il pas?
Comme citoyen canadien, et non comme représentant de la fondation, comme citoyen canadien qui doit vivre dans une société où il y a des raisons de s'inquiéter de la croissance du crime organisé, je suis estomaqué qu'un gouvernement qui prétend si bien comprendre les phénomènes économiques mondiaux n'arrive pas à saisir ces liens très simples entre le rentabilité du trafic de drogues et sa prohibition, entre le financement du crime organisé et le terrorisme, entre la croissance de la culture illégale et dangereuse de cannabis et la nécessité de surmonter tous les obstacles à sa mise en marché. Ce projet de loi le montre pourtant très bien : le gouvernement échoue lamentablement lorsqu'il s'agit de comprendre les règles économiques de la prohibition.
J'ai du mal à croire que le gouvernement ne comprend pas l'économie. Par conséquent—peut-être que l'un de vos honorables membres a raison—j'ai l'impression que les politiques en matière de drogues sont essentiellement de la politique. Je me rappelle les paroles du criminologue norvégien Nils Christie, qui disait que l'abus des drogues le plus dangereux est l'abus politique. À l'examen de ce projet de loi, il est difficile de ne pas y voir un outil politique sans fondement scientifique ou économique.
Je vous aiderais volontiers à profiter des compétences de mes collègues pour préparer une loi plus efficace, mais nous ne le pouvons pas, tant que le gouvernement ne sera pas plus honnête au sujet des règles économiques de la prohibition et de leur rôle dans la création de nombreux problèmes associés à la drogue, dans notre société.
J'opterais pour la solution que propose le Comité spécial du Sénat sur les drogues illicites. Je comprends que c'est illusoire, mais à tout le moins, après cette tirade, j'aimerais faire quelques suggestions.
D'abord, il faut qu'il soit clair que le projet de loi décriminalise la possession de drogues. À la lecture du projet de loi et à l'écoute des déclarations du ministre de la Justice, il n'est pas clair qu'il parle de décriminalisation. D'ailleurs, dans une entrevue donnée il y a quelques semaines, le ministre disait que le projet de loi tient toujours pour criminelle la simple possession de drogues. Si c'est bien vrai, c'est une autre raison de rejeter le projet de loi d'emblée.
Il faut décriminaliser la transmission de petites quantités de drogues, pour quelque raison que ce soit. Autrement, quelqu'un qui ne fait que donner un joint à quelqu'un d'autre pourrait être déclaré coupable de trafic, une infraction qui, comme vous le savez, dans le cas du cannabis, est passible d'une peine maximale de cinq ans moins un jour.
Il faudrait accorder une amnistie générale à tous les Canadiens déjà condamnés pour simple possession de drogue.
On peut maintenir certaines peines pour l'exportation de drogues vers les États-Unis. Je présume que les grands responsables des drogues aux États-Unis viendront au Canada, sans doute pour nous dire que nous sommes de grands exportateurs de cannabis aux États-Unis. J'ai bien étudié les chiffres. D'après les données de la GRC, le Canada produit 800 tonnes de cannabis par an. Or, la consommation annuelle de cannabis aux États-Unis oscille entre 7 000 et 8 000 tonnes. Si on exportait aux États-Unis chaque gramme de cannabis produit ici, nous n'alimenterions qu'environ 10 p. 100 du marché américain. Nous n'exportons pas une telle proportion de cannabis aux États-Unis et, en passant, les États-Unis sont probablement le principal fournisseur de leur propre cannabis. Aux États-Unis, c'est une activité commerciale très importante.
Il faudrait aussi décriminaliser la culture d'une petite quantité de plants, probablement en fonction de la puissance des lampes utilisées pour cette culture. Ainsi, le commerce à petite échelle sortira des mains du crime organisé. C'est un aspect important.
Une dernière chose, monsieur le président, je me rends compte que mon temps est écoulé : même si ce projet de loi ne porte pas sur l'accès au cannabis pour fins médicales, je me fais l'écho du Sénat pour demander que cette question soit réglée rapidement et de manière humanitaire. J'y tiens parce que j'ai accompagné un ami dans ses derniers moments la semaine dernière. Il s'appelait Donny Appleby. Il est mort des suites de brûlures subies lors de l'explosion survenue alors qu'il se servait de butane pour un procédé risqué d'extraction d'huile de cannabis à partir de cannabis de qualité inférieure. Il faut un régime qui donne à des gens comme Donny Appleby un accès peu coûteux au cannabis pour fins médicinales. Pour y avoir accès, il a recouru à un procédé qui lui a coûté la vie. Personne ne devrait courir ce genre de risque pour obtenir des médicaments destinés à les soulager.
Á +-(1135)
Merci, monsieur le président.
Pages
Ajouter un commentaire