Cannabis : quel est le profil des adultes présentant un faible risque de dépendance ?

Les données de 731 adultes québécois âgés d’une trentaine d’années.

Étude observationnelle et non une Expérience sur des humains !
Études Observationnelles Vs Expériences
https://www.blocpot.qc.ca/fr/comment/27186#comment-27186
Zappiste

Cannabis : quel est le profil des adultes présentant un faible risque de dépendance ?

19 février 2026 à 7h00 HNE , par Université de Montréal

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Newswise — Une nouvelle étude menée par Marie-Pierre Sylvestre, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, examine la consommation de cannabis 4 à 5 ans après la légalisation au Canada en adoptant une perspective différente : plutôt que de se concentrer uniquement sur les cas à risque ou ceux associés à des problèmes, elle identifie les profils sociodémographiques, de santé mentale et de mode de vie de ceux qui présentent un faible risque de trouble lié à l’usage du cannabis (TUC).

L’étude, dont Guillaume Dubé est le principal auteur, a analysé les données de 731 adultes québécois âgés d’une trentaine d’années. Les résultats montrent que parmi les 44 % de participants ayant consommé du cannabis au cours de la dernière année, 63 % présentaient un faible risque de développer un trouble lié à l’usage du cannabis (TUC).

Profils distincts selon le risque

Les chercheurs ont constaté des différences marquées entre les groupes. « Les consommateurs de cannabis à faible risque ressemblent davantage aux non-consommateurs qu’aux consommateurs à risque élevé », explique Guillaume Dubé. « Ces derniers sont plus souvent des hommes, ont un niveau d’instruction plus faible et présentent davantage de problèmes de santé mentale, notamment d’anxiété. »

Jean-Sébastien Fallu *, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal et coauteur de l’étude, souligne l’importance de ces résultats : « Cette recherche appuie un changement d’attitude et de perspective : plutôt que de nous concentrer presque exclusivement sur les profils de consommation à risque ou ceux associés à des problèmes, tournons notre attention vers un aspect trop souvent négligé, voire occulté : la consommation non problématique de cannabis. »

Un facteur bénéfique : l'utilisation occasionnelle

Sans surprise, la fréquence de consommation demeure le facteur le plus fortement associé à un risque élevé de trouble lié à l'usage du cannabis (TUC). Cependant, l'étude révèle que d'autres facteurs de risque pourraient jouer un rôle important, tels que la consommation simultanée de cannabis et de tabac, le tabagisme en général, ainsi que les symptômes d'anxiété. L'étude suggère également que la consommation de cannabis dans un contexte social**,
plutôt que de manière isolée, est associée à un risque moindre de TUC.

Après avoir pris en compte divers facteurs dans leur analyse, l'équipe de recherche a également souligné que les femmes et les personnes qui consomment simultanément du cannabis et de l'alcool étaient plus susceptibles d'avoir une consommation à moindre risque.

« Nous avons également observé que les personnes consommant simultanément de l’alcool et du cannabis présentaient un risque moindre de trouble lié à l’usage du cannabis que celles consommant du cannabis sans alcool. Cela peut paraître surprenant, mais nous avons émis l’hypothèse que la consommation conjointe de ces deux substances s’inscrit dans un contexte social, ce qui constitue le véritable facteur bénéfique. Il reste cependant à le démontrer », explique Guillaume Dubé.

À l'inverse, la consommation de tabac et de cannabis constitue un facteur de risque important qui différencie les consommateurs à haut risque de ceux à faible risque.

Politique publique : il faut cesser de diaboliser le cannabis

Marie-Pierre Sylvestre souligne les implications pratiques : « Nos résultats soulignent l’importance des stratégies de réduction des risques et de l’éducation fondée sur des données probantes pour les politiques relatives au cannabis. »

L'équipe recommande que les autorités de santé publique fournissent des informations factuelles sur les effets potentiels du cannabis, tant positifs que négatifs.

« Comme l’alcool, le cannabis est consommé depuis l’aube de l’humanité. La consommation de substances psychoactives comporte des risques, quelle que soit la substance. Pour les adultes qui souhaitent consommer du cannabis, il existe des pratiques permettant d’en maximiser les bienfaits et d’en réduire les risques », conclut Guillaume Dubé.

À propos de l'étude

Cette recherche est basée sur l’étude longitudinale sur la dépendance à la nicotine chez les adolescents (NDIT), qui suit les Québécois depuis 1999. Les données analysées ont été recueillies en 2022-2023, soit 4 à 5 ans après la légalisation du cannabis au Canada.

L'article « Facteurs associés à une consommation de cannabis à faible risque chez les adultes d'une trentaine d'années » de Guillaume Dubé et ses collègues a été publié dans le Journal of Cannabis Research le 10 décembre 2025.

* Jean-Sébastien Fallu n'est pas qu'un théoricien
il a admis qu'il consomme des substances légales et illégales récréativement.
Émission Substances Savoir.Média sur le Cannabis
https://savoir.media/details/386221-substances?lang=fr

**« L'étude suggère également que la consommation de cannabis dans un contexte social,
plutôt que de manière isolée, est associée à un risque moindre de TUC. »

Aucun endroit légal de consommation de médical et récréatif comme au Québec caquiste
ne favorise pas la consommation de cannabis dans un contexte social légal !;O)

Au Québec
il y a des milliers d'établissements licenciés
pour la consommation sur place (bars, restaurants, terrasses)
lors d'évènements et dans des parcs.

Le Québec possède l'un des réseaux de distribution d'alcool les plus accessibles au Canada,
comptant des milliers de points de vente (SAQ, épiceries, dépanneurs, microbrasseries).

La majorité des québécois de 12-15 ans et plus
(environ 84 % des hommes et 79 % des femmes) consomment de l'alcool.
Ainsi que des enfants de 12 ans et moins qui ont droit à sa consommation légalement
même si leur cerveau ne sera complété qu'à 23-25 ans !

PS : RAPPORT DU COMITÉ SPÉCIAL DU SÉNAT SUR LES DROGUES ILLICITES 2002
Il y a 24 ans !
Avant la légalisation canadienne en/de 2018 accepté par 9 des 10 provinces et 3 territoires
et la criminalisation/prohibition/discrimination caquiste unique au Québec
des adultes canadiens québécois en 2019.

Rapport malheureusement tabletté et relégué aux oubliettes
comme celui de Le Dain de 1973.

Extraits du rapport Le Dain (Canada, 1973)
Rapport final de la Commission d'enquête sur l'usage des drogues à des fins non médicales
https://www.blocpot.qc.ca/fr/extraits-du-rapport-le-dain-canada-1973

Comité spécial du Sénat sur les drogues illicites (Canada, 2002)
Le rapport Nolin dans son intégralité
https://www.blocpot.qc.ca/fr/comite-special-du-senat-sur-les-drogues-ill...

Extrait :

La deuxième section examine ce que l’on connaît des motifs et modalités d’usage ;
il y est aussi question des origines et différences culturelles entre les usages.
La troisième section porte spécifiquement sur les trajectoires des usagers de cannabis,
examinant entre autres la question de l’escalade. Ainsi, nous avons constaté que :

Ø La plupart des expérimentateurs discontinuent l’usage.

Ø Les usagers réguliers ont généralement une initiation plus précoce; les usagers au long cours ont le plus souvent une trajectoire de consommation en dents de scie.

Ø Les consommateurs réguliers au long cours connaissent leur période de consommation intense au début de la vingtaine.

Ø La plupart des usagers au long cours intègrent leur consommation à leurs activités familiales, sociales et professionnelles.

Le cannabis n’est pas, en soi, une cause de consommation d’autres drogues. En ce sens, nous rejetons la théorie de l’escalade. Enfin, la quatrième section traite des relations entre usage de cannabis et délinquance et criminalité.

Ø Le cannabis n’est pas en soi une cause de délinquance et de criminalité.

Ø Le cannabis n’est pas une cause de violence.

Chapitre 7 - Le cannabis : effets et conséquences

Il se dit tout et n’importe quoi sur les effets du cannabis. S’il est vrai qu’il reste encore des zones d’ombre que la recherche n’a pas clarifiées et que, dans d’autres cas, les données de recherche sont contradictoires, il existe néanmoins un vaste bassin de données qui contredisent clairement bon nombre des mythes qui continuent de courir sur les effets du cannabis.

Ce chapitre se divise en cinq sections. La première rassemble un ensemble d’affirmations sur les effets présumés de la marijuana que le Comité a entendues ou qui ont été portées à sa connaissance par ses recherches. Les trois sections suivantes examinent d’abord les effets aigus du cannabis, puis tour à tour ses conséquences physiologiques et neurologiques, psychologiques, et sociales. En raison de son importance et de la place centrale qu’elle occupe dans les préoccupations sociales et politiques, nous examinons ensuite spécifiquement la question de la dépendance qui peut découler d’une consommation prolongée de cannabis.

En ce qui concerne les effets du cannabis nous avons observé que :

Ø Ses effets immédiats se caractérisent par un sentiment d’euphorie, de détente, de sociabilité ; ils s’accompagnent d’une diminution de la mémoire à court terme, de la concentration et de certaines habiletés psychomotrices.

Ø Les effets à long terme sur les facultés cognitives n’ont pas été établis par la recherche.

Le Comité adopte une distinction entre usages, usage à risque et usage excessif.
La quantité consommée est un indicateur, mais d’autres facteurs d’ordre psychosocial, et tenant au contexte d’usage et à la qualité de la substance, sont autant de facteurs intervenant sur le passage de l’usage à l’usage à risque et à l’usage excessif.

Sur l’usage à risque, le Comité est d’avis que :

Ø La majorité des usagers ne sont pas des usagers à risque : ils ont un usage régulé, irrégulier et qui se poursuit rarement au delà de la trentaine.

Ø Pour les personnes de plus de 16 ans, l’usage à risque s’inscrit dans une fourchette entre 0,1 à 1 gramme par jour Selon cette distinction, et selon les données épidémiologiques présentées au chapitre précédent, il est permis de penser qu’environ 100 000 Canadiens de plus de 16 ans pourraient avoir un usage à risque

Ø Le Comité est d’avis qu’en raison de ses effets potentiels sur le système cannabinoïde endogène et les fonctions cognitives et psychosociales, toute consommation chez les jeunes de moins de 16 ans est une consommation à risque.

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