Cannabis thérapeutique : la Polynésie française lance sa filière de culture de chanvre médicinal à moins de 0,3 % de THC
Après des mois de reports, la Polynésie française passe enfin aux travaux pratiques.
Neuf producteurs ont été retenus pour lancer la toute première phase pilote
de culture de cannabis thérapeutique du territoire,
avec des plants contenant moins de 0,3 % de THC
et de premières récoltes « espérées » en avril 2027.
Après des mois de reports ?
Après des années de reports ! Zappiste
Il y a 5 ans
La culture du cannabis thérapeutique au programme du plan de relance
https://youtu.be/Ivw9-N1LnzU
7 janv. 2022
Le syndicat polynésien du chanvre voit la vie en vert
https://youtu.be/VURfrTZKXlk
Rappelons que des maladies et réfractaires aux nombreux médicaments
nécessitent un mélange de CBD et THC à taux plus élevé pour soulager, être efficaces
grâce à l’effet d’entourage connu scientifiquement depuis plus de 35 ans.
En Polynésie française, le cannabis est appelé localement pakalolo ou paka *
Dans le Pacifique Sud, le cannabis est arrivé de manière tardive au XXe siècle.
Sa diffusion s’est accélérée après la Seconde Guerre mondiale avec « la présence militaire américaine »,
puis durant les mouvements contre-culturels des années 1960 et 1970
Cannabis thérapeutique :
la Polynésie française lance sa filière de culture de chanvre médicinal à moins de 0,3 % de THC
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Publié le 4 août 2026 à 10h47Écrit par Leo
Durée de lecture : 4 minutes
© Le Cannabiste - Cannabis thérapeutique : la Polynésie française lance sa filière de culture
Après des mois de reports, la Polynésie française passe enfin aux travaux pratiques. Neuf producteurs ont été retenus pour lancer la toute première phase pilote de culture de cannabis thérapeutique du territoire, avec des plants contenant moins de 0,3 % de THC et de premières récoltes espérées en avril 2027.
De la serre expérimentale au champ encadré, il n’y a qu’un pas, et il se franchit désormais dans le Pacifique. Les nouvelles fraîches de la filière naissante sont sur Le Cannabiste.
Source : Loi du pays n° 2024-19 du 23 août 2024, Journal officiel de la Polynésie française
Neuf producteurs pour un premier essai grandeur nature
Le principe est celui d’un galop d’essai encadré. Neuf producteurs ont été sélectionnés pour cultiver des variétés à teneur réduite en THC, sous les 0,3 % exigés, avec une formation qui doit démarrer avant de leur confier les premiers plants. L’objectif de cette phase pilote, prévue pour durer un an, est de vérifier si le territoire est capable de produire durablement du cannabis à usage thérapeutique.
Le calendrier reste serré. Les premières récoltes ne sont pas attendues avant avril 2027, le temps que les cultures s’installent et que le suivi se rôde. Un dernier arrêté doit encore désigner les parcelles mises à disposition et arrêter leur emplacement précis, avant de passer prochainement devant le conseil des ministres pour boucler le dispositif.
Rien n’est laissé au hasard côté implantation. Les parcelles devront respecter des distances minimales avec les écoles et les lieux de culte, et s’entourer de protections visuelles pour rester à l’abri des regards. Une manière de désamorcer les crispations avant même la première plantation.
Une loi du pays votée en 2024, une mise en route poussive
Le cadre juridique, lui, est en place depuis un moment. La loi du pays n° 2024-19, promulguée le 23 août 2024, couvre à la fois le chanvre sans effet stupéfiant et les médicaments à base de cannabinoïdes. Les élus de l’assemblée territoriale l’avaient approuvée par 41 voix, contre 16 abstentions, un projet déjà validé en conseil des ministres dès la fin 2023.
Dans le détail, il fixe les règles d’importation et de cession des semences, précise quelles variétés peuvent être plantées et selon quelles modalités, et jette les fondations d’une production de chanvre sur le sol polynésien. Sa mise en oeuvre est volontairement progressive, réglée par une série d’arrêtes successifs, dont six textes d’application déjà parus au Journal officiel du territoire.
Entre la loi et le champ, le chemin s’est révélé plus long que prévu. La formation des producteurs, un temps annoncée pour le printemps, avait glissé de plusieurs mois faute d’arrêté signé et de semences validées. Le ministre de l’Agriculture, Taivini Teai, a fait de la conformité des semences au taux de THC requis l’un des derniers verrous à lever avant de donner le vrai coup d’envoi.
L’Institut Louis Malardé, cheville ouvrière de la filière
Derrière les producteurs, il y a un laboratoire. En amont, l’Institut Louis Malardé a défriché le terrain à Paea, en faisant pousser des plants dans des conteneurs réaménagés pour l’occasion, avec l’obsession de les maintenir sous la barre des 0,3 % de THC et de bâtir des références solides avant l’ouverture de la filière.
Cette étape n’a rien d’anecdotique. Stabiliser une génétique qui reste sous le seuil légal, sous un climat tropical qui n’a rien d’européen, conditionne toute la suite : sans semences fiables, pas de cultures conformes, et donc pas de matière première pour les futures préparations. Le travail mené en environnement contrôlé sert de socle aux essais désormais confiés aux producteurs.
Un cadre polynésien bien à part dans l’ensemble français
Voilà ce qui rend l’affaire intéressante vue de métropole. Collectivité d’outre-mer, la Polynésie française dispose de compétences propres, notamment en matière de santé, ce qui lui permet de légiférer par sa propre loi du pays sans attendre Paris. Résultat : un territoire de la République avance sur le cannabis thérapeutique avec son calendrier et son modèle à lui, tourné vers une production cultivée sur place.
Le contraste est net avec la marche suivie ailleurs sur le territoire national, où le cannabis médical a d’abord été testé à travers l’expérimentation du cannabis thérapeutique en France métropolitaine avant toute généralisation. Le seuil retenu par la Polynésie, 0,3 % de delta-9-tétrahydrocannabinol, s’aligne en revanche sur le plafond utilisé en Europe et en France pour distinguer le chanvre du cannabis stupéfiant.
Reste à transformer l’essai. Une phase pilote n’est pas une filière mature, et la production polynésienne devra faire ses preuves, du champ jusqu’à la pharmacie, avant de peser réellement dans l’accès des patients au cannabis à visée thérapeutique.
Les principaux chiffres à retenir
9 producteurs sélectionnés pour la phase pilote de culture.
0,3 % de THC maximum, seuil qui définit le cannabis non stupéfiant.
Avril 2027, horizon des premières récoltes.
Un an, durée prévue de l’expérimentation.
Loi du pays n° 2024-19 du 23 août 2024, adoptée par 41 voix pour et 16 abstentions, avec six textes d’application déjà publiés.
* En Polynésie française, le cannabis est appelé localement pakalolo ou paka
Stabiliser une génétique de chanvre à moins de 0,3 % de THC sous un climat tropical !
Au lieu de profiter du pakalolo (cannabis local) sauvage
qui attire déjà des touristes depuis les années 1970 ?
Certaines variétés de cannabis possèdent déjà une génétique robuste qui tolère mieux l'humidité
et résiste aux champignons comme l'oïdium ou la pourriture grise (Botrytis).
Des souches comme la Purple Kush, la Northern Light ou la Super Lemon Haze
s'adaptent bien aux climats difficiles.
Le pakalolo (cannabis local) sauvage ou illégal présente généralement
des taux de THC élevés en raison du climat chaud et humide.
Marché illicite « traditionnel » :
Les analyses de terrain et les rapports des autorités locales estiment traditionnellement
que le pakalolo sauvage ou cultivé localement présente des teneurs
en THC (tétrahydrocannabinol, la molécule psychoactive) élevées,
souvent perçues comme nettement supérieures
aux moyennes constatées historiquement en France métropolitaine.
« Liberté, Égalité, Fraternité » ?
Sa consommation s'est ancrée dans la culture locale à partir des années 1970
avec l'arrivée du tourisme et des influences extérieures,
devenant rapidement la substance illicite la plus consommée du territoire,
tout en restant strictement interdite par la loi française.
Évolution et contexte local
Origine du nom :
Le terme pakalolo vient du hawaïen, signifiant littéralement
« herbe folle » ou « tabac fou », introduit dans le Pacifique Sud au XXe siècle.
Aux États-Unis l'Herbe folle est traduite par « Wacky tobacky »
une expression argotique humoristique pour désigner le cannabis.
Dans le Pacifique Sud, le cannabis est arrivé de manière tardive au XXe siècle.
Sa diffusion s’est accélérée après la Seconde Guerre mondiale avec la présence militaire américaine,
puis durant les mouvements contre-culturels des années 1960 et 1970
Consommation :
Une large part de la population locale et des jeunes en consomme régulièrement,
l'île de Tahiti jouant un rôle central dans sa diffusion.














Histoire de la Polynésie - L’époque coloniale en Polynésie
La famille élargie reste une composante importante de la culture polynésienne.
Cependant, la modernité tend à voir se déliter cette tradition millénaire.
Les origines de la Polynésie Française
Le triangle polynésien est formé au Nord par Hawaï, au Sud par la Nouvelle-Zélande et à l’Est par l’île de Pâques, appelée Rapa Nui. Tous les habitants de ces îles possèdent des ancêtres communs, venus du Sud-Est asiatique, il y a trois à quatre mille ans. Au fil des siècles, ces Maohis ont migré, poursuivant leur route d’Ouest en Est, en utilisant des pirogues de bois et fibres tressées.
Etalée entre l’Equateur et le Tropique du Capricorne, à l’Ouest de la ligne de changement de date,
la Polynésie française est située au cœur de ce triangle.
Histoire de la Polynésie - L’époque coloniale en Polynésie
En 1595, Alvaro de Mendana découvrit les Marquises et affronta les tribus locales. Pedro de Quiros mit pied à terre aux Tuamotu en 1606. Et c’est en 1767 que Samuel Wallis aborda Tahiti. Un an plus tard, le Français Bougainville fit escale à son tour et déclara les îles Françaises, sans savoir que les Anglais en avaient fait de même. Les années suivantes virent une succession d’affrontements entre les Anglais protestants et les Français catholiques. C’est finalement en 1842 que Tahiti devint un protectorat français, puis en 1880, une colonie française.
Hitsoire de la Polynésie
La Polynésie Française au XXe siècle
En tant que territoire français, de nombreux Polynésiens furent incorporés dans les forces armées aux côtés de la France. Les années soixante marquent un tournant économique important. L’aéroport de Papeete Faa’a est inauguré fin 1960, puis 1963 voit l‘ouverture du Centre d’Expérimentation du Pacifique, et l’entrée de la Polynésie dans le nucléaire. Désormais COM (Collectivité d’outre-mer), la Polynésie a pu obtenir une autonomie de plus en plus grande au fil des années. Paris garde seulement compétence en matière de nationalité, politique étrangère, défense, justice et sécurité.
Culture en Polynésie
Les habitants de Polynésie Française
Les Polynésiens représentent plus de 80 % de la population, dont environ 17 % sont des métis, appelés « demis ». Plus de 5 % de la population est chinoise, en raison des migrations du XIXeme siècle. On retrouve également 12 % d’Européens environ. Les Polynésiens sont très pratiquants, le christianisme est présent depuis le XVIIIème siècle, on retrouve des protestants, catholiques, mais aussi des adventistes et mormons entre autres. Les églises jouent un rôle important dans la vie locale, aussi bien politique que sociale.
Histoire de la Polynésie
Rires et fous rires
Les Polynésiens sont extrêmement spontanés. Ce sont des gens qui ne vont pas par quatre chemins pour dire ce qu’ils pensent. Cette spontanéité peut dérouter, mais il faut être ouvert et ne pas hésiter à retourner les sourires ou les bonjours que l’on vous adresse. Le hasard des rencontres vous amènera peut-être à être invités à un repas ou à dormir chez l’habitant, vous donnant la possibilité de découvrir un peu plus les us et coutumes de ce pays enchanteur. Le tutoiement est de rigueur, ne soyez pas surpris !
Artisanat en Polynésie
Les traditions en Polynésie
La culture polynésienne a traversé les millénaires, et à l’instar des autres îles voisines, elle est encore très vive à Tahiti et ses îles. Elles se reflètent dans les chants polynésiens, la musique, les danses sensuelles et les magnifiques costumes. L’art du tatouage est encore très vivant, de même que celui de la sculpture sur bois, et la tradition du va’a, cette fameuse pirogue polynésienne à balancier.
La famille élargie reste une composante importante de la culture polynésienne.
Cependant, la modernité tend à voir se déliter cette tradition millénaire.
Danse tahitienne © Tahiti Nui Group
La danse tahitienne
La danse est un art ancestral partagé dans toute la Polynésie, cette pratique fut autrefois interdite par les missionnaires. Puis dans la deuxième moitié du XXe siècle, elle réapparut.
On retrouve différentes sortes de danse,
comme le aparima qui est la danse la plus codée, où les ... (lire la suite)
Marae de Huahine
Clés d’archéologie polynésienne
Les maraes sont d’anciens sanctuaires de pierre, dont les vocations étaient diverses.
Autels de « sacrifices humains »,
ils servaient aussi à préparer les événements importants de la tribu, départs en guerre, voyages au long cours, intronisation des chefs, célébration des rois, hommages aux dieux. Les grandes orientations de la vie courante y étaient débattues. On y conservait aussi les objets rituels.
Marae de Raiatea
Ces maraes étaient frappés du tapu (tabou) le plus extrême.
Diverses croyances les rendaient interdits. Aujourd’hui encore, il est déconseillé de marcher sur ces pierres sacrées, sous peine de malédiction ! Ne déplacez rien, ne touchez rien.
Les marae sont disposés de manière hétéroclite, au fond des vallées ou en bordure des côtes.
Les vestiges les plus grands permettent de penser qu’ils servaient aux cultes royaux,
les plus petits aux cérémonies tribales.
Paepae en Polynésie
Les pae pae sont constitués de plateformes pavées,
qui servaient de fondations aux habitations les plus anciennes.
L’endroit le plus sacré du marae est le ahu, autel souvent de forme pyramidale,
résolument tabou, auquel seuls les tahua (prêtres) avaient accès.
Le marae arii était d’essence royale, vénéré, très important,
alors que le marae tupuna était consacré aux ancêtres ou à la famille.
Archéologie en Polynésie
Le mana, l’esprit sacré, la puissance occulte, rôde encore au-dessus des marae.
Les tupapa’u (fantômes) appartiennent aussi au domaine invisible et sacré.
Les tiki, statuettes anthropomorphiques, constituaient une passerelle entre le monde des hommes et l’au-delà.
Ventre déformé (centre des émotions), pieds ébauchés, yeux démesurés. Ils protégeaient les lieux sacrés et les possessions familiales. Le mana veillait aussi sur les tiki. Gare à celui qui bravait un interdit ou manquait de respect à la statue.
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